Littérature·Romans

Sale gosse

Sale gosse, primo-roman de Mathieu Palain, aux Éditions l’Iconoclaste.

La rentrée littéraire 2019, c’est parti ! Cette année, 524 livres vont sortir. J’ai eu la chance de gagner à un concours les livres de la rentrée littéraire des Éditions Flammarion. J’en ai déjà lu quelques-uns dont je vous parlerais la semaine prochaine. J’ai obtenu Sale gosse grâce à Babélio, que je remercie pour cet envoi.

La Petite Histoire :

Wilfried est un jeune homme dont le début de la vie n’est pas facile. Abandonné par sa mère, il va être suivi par la PJJ (la Protection Judiciare de la Jeunesse). Il va se retrouver dans une famille d’accueil pendant 15 ans. La PJJ va malheureusement le recroiser car promis à un brillant avenir footbalistique, Wilfried a pété un plomb et c’est tout son fragile équilibre qui s’effondre.

L’avis de la Belette :

Si vous avez vu l’excellent film Polisse, vous ferez obligatoirement un lien avec lui. L’auteur en parle lui-même à la fin de ce roman.

J’avais demandé à lire ce roman car c’est un sujet qui m’intéresse. Je travaille dans le médical et les romans de type sociologique ou médicaux m’intéressent beaucoup et m’incitent à la réflexion et la compréhension de certaines problématiques sociétales.

Un roman social, sociologique, sur l’abandon, le manque d’amour. C’est aussi un roman qui traite de ces enfants délaissés par leurs familles et qui se retrouvent livrés à eux-mêmes. Ces enfants qui sont en perte d’identité. Ils ne savent plus trop qui ils sont car pour la plupart ils ne savent pas d’où ils viennent. Un roman sans concession, où rien ne vous sera épargné. La souffrance certes mais aussi les violences qui en découlent.

J’ai adoré les personnages créés par l’auteur. Ce dernier avouera lui-même que des personnages sont issus de témoignages de la PJJ, son père travaillant dans cette institution. Wilfried est un jeune ado attachant qui en perpétuel recherche d’amour et de reconnaissance qui joue aux durs mais qui est un être profondément sensible. Il souhaite être aimé pour ce qu’il est. Son parcours reflète le courage de certains de ces enfants à vouloir essayer de s’en sortir, par le sport notamment. Wilfried est aussi un jeune homme qui a une rage contenue en lui. On le sent tout au long de ce roman que cette rage, cette colère, doit sortir et que parfois elle s’exprime face à des personnes innocentes.

Nina, l’éducatrice, qui est elle aussi issue d’une famille difficile. Elle aussi a fait du sport pour s’en sortir, comme un exutoire de toute cette violence vécue à la maison. Une personne qui a aussi du mal à trouver la « juste distance » avec ces jeunes, notamment Wilfried. Tout comme les métiers médicaux, les métiers sociaux traitent de l’humain et en tant qu’humain certaines situations, certaines personnes, nous parlent plus que d’autres. A partir de là, il est difficile de mettre une barrière entre soi et les personnes sont on s’occupe.

J’ai aussi beaucoup appris sur la PJJ, le travail et l’accompagnement des éducateurs mais aussi sur les raisons qui les poussent à faire ce métier, pourquoi ils y restent… ou pas. J’ai reconnu la difficulté à laquelle ils sont parfois confrontés face au refus des jeunes d’être aidés. Mais aussi la difficulté à laquelle parfois même en faisant ce qu’ils peuvent pour les aider, les jeunes ne s’en sortent pas. D’où l’importance parfois de « petites victoires » à laquelle ils se raccrochent. Et parfois de grandes victoires lorsqu’ils voient des jeunes s’en sortir.

Un roman documenté car le père de l’auteur travail pour la PJJ et il a pu aussi interroger d’autres éducateurs et enquêter en immersion auprès d’eux pendant 6 mois. La PJJ est un domaine dont on parle peu. Je le trouve regrettable car au final ce sont toutes leurs missions qui sont méconnues du grand public.

J’avais peur d’une fin un peu trop fleur bleue mais il n’en est rien. On sent que William va tout doucement sur le « droit » chemin mais il est encore fragile.

Un roman emplit d’humanité et saisissant de réalisme. J’ai été très touchée par l’histoire de Wilfried et j’ai eu parfois la nausée en lisant les histoires d’autres enfants. La plume de l’auteur est très intéressante et j’ai beaucoup apprécié ce premier roman que j’ai dévoré en une journée.

Bref, c’est un coup de cœur !

Sortie prévue le 21 août 2019

6 commentaires sur “Sale gosse

Répondre à labelettestephanoise Annuler la réponse.

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