Littérature·Romans

Sobibor

Sobibor, un roman de Jean Molla édité aux Éditions Folio.

La Petite Histoire :

Emma est anorexique. Lorsqu’elle décide de comprendre les origines de son mal, un vieux cahier familial va mettre à jour de terribles secrets.

L’avis de la Belette :

Dans ce roman, nous avons 2 périodes distinctes. Nous suivons Emma, jeune fille anorexique, de nos jours. A la suite de la découverte d’un cahier rédigé par sa grand-mère décédée, elle va avec nous plonger au cœur de la Seconde Guerre Mondiale. Ce roman met en avant la difficulté de l’héritage familial, de l’héritage de l’histoire familiale plus précisément. C’est ce que l’on appelle de nos jours de la psychogénéalogie. Souvent, les non-dits familiaux traversent les générations et des troubles apparaissent chez certains membres d’une famille sans que des raisons « conscientes » en soient la cause. Ici les conséquences qu’ont eu sur ces générations futures les secrets de familles ont été terrifiantes et dramatiques pour Emma.

C’est une histoire très difficile et à la fois très accessible. Il convient autant aux adolescents qu’aux adultes. Les mots choisis sont justes et traitent de réalités parfois dures à lire. L’auteur a choisi de faire un parallèle édifiant entre l’anorexie et la seconde guerre mondiale. Emma est touchante, fragile et forte à la fois. Elle va devoir porter sur ses frêles épaules la tragique histoire familiale.

C’est un roman sur le mensonge, les silences, sur le devoir de mémoire, sur les rapports au corps, sur ce que l’on ne nous dit pas mais que l’on pressent quand même.

Bref, c’est une histoire de corps qui m’a touché au cœur !

Littérature·Romans

Un Garçon d’Italie

Un garçon d’Italie, un roman de Philippe Besson publié aux Éditions Pocket.

La Petite Histoire :

Luca est retrouvé mort au bord de l’Arno en Toscane. Suicide? Meurtre? Ou accident?

L’avis de la Belette :

Dans ce roman choral, nous allons découvrir ce qui a causé la mort de Luca. Ils sont 3 à prendre la parole : Luca, Anna, sa compagne, et Léo. Nous allons au fur et à mesure connaître Luca et les liens entre les différents protagonistes. Luca, c’est la voix du mort. Il va revenir sur ses histoires d’amour, ses sentiments ambivalents envers Anna mais aussi envers Léo. Anna quant à elle est en quête d’une vérité dont elle n’aura pas toutes les réponses. Elle pensait que l’amour de Luca à son encontre était exclusif. Or, elle va découvrir l’existence de Léo et va chercher à comprendre qui il est, Luca n’ayant jamais prononcé son nom en sa présence. Anna a le sentiment qu’elle ne connaissait pas vraiment Luca. Elle va dès lors remettre en doute les sentiments de Luca à son égard et va à tout prix rechercher Léo pour comprendre. Léo va peu à peu dévoiler cet amour caché, celui qu’il faut taire, qu’il ne faut pas montrer.

C’est un beau roman sur l’amour, mais aussi sur l’acceptation de soi. Il y est beaucoup question de souffrance : souffrance de la perte de l’être aimé, mais aussi celle d’avoir été trahi, celle de ne pas réussir à assumer ses choix, son homosexualité. Je retrouve ici la plume de Philippe Besson que j’apprécie énormément, avec une écriture toute en sensibilité, touchante, après ma déception suite à le lecture de « Un personnage de roman« .

Bref, j’ai beaucoup aimé cette lecture, une histoire sur ces rencontres de la vie qui bouleversent et qui parfois remettent tout en question.

Littérature·Témoignages

Infirmière aux portes de la mort

Infirmière aux portes de la mort, un témoignage de Barbara Lucas au Grand Livre du Mois.

La Petite Histoire :

Barbara Lucas nous parle de son parcours d’infirmière de sa vocation jusqu’à sa première affectation.

L’avis de la Belette :

Ce témoignage date des années 1990 mais il est encore d’actualité. En effet, on voit déjà les défaillances du système hospitalier qui officiaient déjà à l’époque ainsi que les difficultés liées à la profession : le manque de personnel, le manque de matériel, les contraintes économiques et la non-reconnaissance du personnel soignant.

Elle sait à travers cet écrit montrer à quel point le lien de confiance dans la relation soignant-soigné est très important. A quel point ce lien de confiance est souvent difficile à établir mais tellement fragile qu’il peut à tout moment céder.

Et ce d’autant plus que Barbara Lucas n’a pas commencé par la spécialité la plus simple en travaillant dans un service qui prenait en charge les patients atteints du sida. Elle explique la prise en charge de ces patients dans les années 90. C’était la période où la trithérapie n’était pas encore apparue (elle est apparue en France au milieu des années 90) et dont la prise en charge était encore en balbutiement.

Au travers de ce témoignage touchant,elle montre aussi que derrière les blouses, il y a des personnes, avec leurs faiblesses, leurs doutes, qui se questionnent et se remettent en question. Elle met le doigt sur la frustration par moments des soignants à avoir parfois l’impression de ne pas pouvoir en faire assez pour les patients. Avec de l’empathie, de la bienveillance, de l’humanitude et des sourires, on arrive à aider nos patients. Mais comme l’a dit Baptiste Beaulieu : « Vous croyez que nous sommes là pour vous. Pour certains, c’est vrai. Pour beaucoup, c’est faux. Nous vous traitons, vous nous guérissez« .

Bref, j’ai beaucoup aimé !

Littérature·Romans

Le Voyant

Le Voyant, une biographie de Jacques Lusseyran écrite par Jérôme Garcin aux Éditions Gallimard.

La Petite Histoire :

Jérôme Garcin retrace la biographie de Jacques Lusseyran, un résistant français aveugle.

L’avis de la Belette :

Jacques Lusseyran est un résistant français. Il est devenu aveugle accidentellement à l’âge de 8 ans. Doté d’une volonté incroyable, il fera tout pour essayer de surpasser son handicap. Ceci va notamment le servir lors de la Seconde Guerre Mondiale, lorsqu’il entrera dans la Résistance. Il sera malheureusement déporté à Buchenwald, d’où il sortira vivant. Très intelligent, il se questionnait énormément sur la vie, le sens de celle-ci. Jacques Lusseyran étant féru de littérature, il retrace sa biographie dans un livre Et la lumière fût.

Je ne connaissais pas Jacques Lusseyran avant la lecture de ce livre. Impatiente de découvrir la vie exceptionnelle de cet homme méconnu, j’ai été décontenancée par le style employé ici par Jérôme Garcin. J’ai trouvé le style assez pompeux. On ressent l’admiration qu’il porte à cet homme et pourtant il n’a pas réussi à me faire ressentir de l’empathie pour lui. L’écriture est telle que j’ai senti comme une mise à distance, on ressent une certaine subjectivité dans ses propos. De plus, j’ai trouvé que l’auteur parlait vite de certains faits (sa détention à Buchenwald) alors qu’il s’attardait sur des détails insignifiants. En effet, connaître la vitesse du bateau qui a conduit jacques Lusseyran aux États-Unis ne m’a pas aidé à mieux connaître cet homme.

Bref, je pensais ce récit passionnant, il a été ennuyant. Il a néanmoins le mérite de m’avoir fait découvrir jacques Lusseyran dont il me tarde de lire Et la lumière fût.

Restaurant

Une île bien tranquille

Une île bien tranquille, un roman de Pascale Dietrich aux Éditions Liana Levi.

La Petite Histoire :

Edelweiss revient sur l’île de Trevedic, l’île de son enfance, suite au décès de son père, tombé d’une falaise. Edelweiss trouve cette circonstance troublante et va mener l’enquête : meurtre ou accident ?

L’avis de la Belette :

Pascale Dietrich est une auteure que j’ai rencontré lors du salon les gueules noirs du polar à la Librairie de Paris à Saint-etienne. Je l’avais trouvé pétillante, drôle, et elle disait mettre les femmes à l’honneur dans ses romans. Je m’étais procurée à l’époque Les Mafieuses, que j’ai chroniqué ici : https://labelettestephanoise.home.blog/2020/01/09/les-mafieuses/. J’avais déjà beaucoup aimé ce roman et lors de mon dernier séjour à Paris, j’ai trouvé ce titre à tout petit prix.

Les descriptions du départ vous mettent dans l’ambiance de cette île, on sent les embruns , on caresse les fleurs, … On se sent bien. Mais au fur et à mesure de notre lecture, nous allons nous rendre compte que cette île n’est pas si tranquille que ça. Edelweisss va se rendre compte que souvent, les souvenirs d’enfance restent figés. On a du mal à se dire que le temps passe et que tout évolue : nos amis, notre famille, les lieux que l’on connaît et Edelweiss va être troublée par ces changements. Non seulement, elle va se rendre compte que les caractères ont changé mais que c’est aussi le train de vie de toute l’île qui s’est modifié et qui va l’interpeller. Que reste-t-il de l’île de son enfance ? C’est un roman sur les souvenirs d’enfance, sur ce qui nous en restent.

Ce fût une lecture agréable et plaisante avec des personnages attachants. J’ai adoré le regard que porté Edelweiss sur elle, son mec, ses connaissances. J’ai aimé retrouvé l’humour de l’auteure, la place qu’elle attribue aux femmes dans ses romans, qui ne sont pas cantonnées aux rôles de femmes passives, soumises. C’est définitivement une auteure que je vais suivre d’encore plus près.

Bref, j’ai beaucoup aimé !