Littérature·Romans graphiques

Dans La Tête De Sherlock Holmes T.1

Dans la tête de Sherlock Holmes est le premier tome d’une aventure inédite du célèbre détective en bande dessinée, L’affaire du Ticket Scandaleux, proposée par Benoît Dahan et Cyril Lieron et publiée aux éditions Ankama.

rpt

#passionsherlock. Je voue un attrait particulier pour ce personnage créé par Sir Arthur Conan Doyle. Je trouve le personnage à la fois charismatique, hautain, à la limite parfois de la condescendance, mystérieux. C’est un personnage pour lequel nous ne possédons que peu d’éléments et le mystère qui l’entoure m’intrigue.

Ainsi lorsque les Booktrotteuses l’ont proposé pour un booktrip, j’ai sauté sur l’occasion et je n’ai pas été déçue, bien au contraire.

C’est un véritable objet livre qui nous est proposé par les auteurs. Les dessins sont beaux, les couleurs variées et relativement chaudes. Les plus infimes détails ont été travaillés et nous donnent un rendu de très bonne qualité. Les traits des personnages sont à la fois durs et anguleux pour les personnages un peu plus « froids », comme Sherlock Holmes, et plus ronds pour les personnages plus « doux », comme le Dr Watson. Ce que j’ai aussi trouvé intéressant est le personnage de Sherlock en lui-même. Il est très ressemblant à celui proposé par Conan Doyle ; il s’est ainsi trouvé très près de l’image que je m’en faisais. La découpe des planches est également très originale, elle change à chaque page.

Ce que j’ai trouvé de remarquable dans cette bande dessinée réside dans le fait que le lecteur est acteur de sa lecture. A plusieurs reprises, le lecteur est sollicité, je vous laisserais découvrir comment.

L’intrigue en elle-même est très intéressante. Pour vous en dire 2 mots mais pas plus, pour vous laisser le plaisir de la découvrir, il s’agit d’une connaissance du Dr Watson qui ne se souvient pas de ce qu’il a fait la nuit précédente alors qu’il était censé se rendre à un spectacle. Vous allez mener l’enquête avec Sherlock et découvrir le fonctionnement de ses réflexions, tout en découvrant les rues londoniennes.

Il s’adresse aussi bien à ceux qui voudraient découvrir le personnage de Sherlock Holmes qu’aux fans du personnage.

Il s’agit pour moi d’une très belle réussite. Autant vous dire que j’ai hâte de me procurer le tome 2 lors de sa sortie. A noter que ce tome 1 a aussi été publié en version collector pour les 15 ans de la maison d’édition.

Littérature·Romans graphiques

L’Adoption

L’Adoption, Tome 1 et 2. Une bande dessinée de Zidrou et Arno Monin aux Éditions Grand Angle.

La Petite Histoire :

Qinaya, une petite fille péruvienne, est adoptée par une famille française. Cette arrivée chamboule la famille et notamment Gabriel, le grand-père. Très peu présent en tant que père, il va prendre ce nouveau rôle beaucoup plus au sérieux qu’il ne le montrait de premier abord…

Je ne vous résumerais pas le tome 2, cela serait trop spoilant si vous n’avez pas lu le premier tome.

L’avis de la Belette :

Mon avis sera plus centré sur le premier tome. Ce que je peux juste vous dire, c’est que j’ai préféré le premier opus au second. Je m’attendais à un 2ème tome sur la quête des origines mais on part sur tout autre chose. La problématique abordée n’est plus vraiment la même et je ne m’attendais pas à la direction qui a été prise. Du coup, j’ai été un peu déçue.

Ce premier tome est un petit bijou. Les dessins sont magnifiques, tout comme les couleurs. Et parfois, ils se suffisent à eux-mêmes, les émotions s’en dégagent, comme une évidence.

Les dialogues sont savoureux, souvent drôles. Une bande dessinée touchante, juste, qui vous fera passer d’une comédie à un drame. J’ai beaucoup aimé la manière dont se sont tissés les liens entre Gabriel, ce grand-père ronchon et la petite Qinaya, qui découvre la France et sa nouvelle famille.

Cette bande dessinée montre la difficile intégration des enfants adoptés, notamment lorsqu’ils sont de culture différente. Mais que celle-ci est grandement facilitée par tout l’amour qui leur est apporté. Mais cette BD montre aussi la difficulté de ces couples en mal d’enfant, qui sont parfois prêts à tout pour aboutir à leur désir d’enfant. Une excellente bande dessinée sur l’adoption mais aussi sur les liens familiaux.

Bref, c’est un coup de cœur pour le premier tome et un avis plus mitigé pour le 2ème, notamment en terme de scénario, les dessins étant tout aussi magnifiques que dans le 1er !

Littérature·Romans graphiques

Jamais

Jamais, roman graphique de Bruno Duhamel aux Éditions Grand Angle.

La Petite Histoire :

Jamais Madeleine ne quittera son logement..

Jamais elle ne se fera exproprier par un maire acariâtre..

Jamais elle n’abandonnera Balthazar, son chat…

Jamais elle ne laissera seul son cher et tendre mari pour qui elle va chercher du poisson tous les matins..

Jamais… Vraiment ? Car Madeleine, une veuve nonagénaire et aveugle a perdu son mari depuis de nombreuses années et lui parle encore comme s’il était là.. De plus, elle habite une maison au bord d’une falaise sur le point de s’écrouler. Mais elle a encore quelques ressources pour se défendre comme quelques missiles de la guerre trouvés dans son jardin…

L’avis de la Belette :

Un roman graphique qui commence un peu comme Astérix avec ces pêcheurs en train de s’écharper : « Ils sont frais mes poissons ». Dès le départ, on est averti, Madeleine entre en résistance. Madeleine, que l’on peut croire un peu sénile mais qui a plus d’une corde a son arc et surtout un caractère bien trempé.

Madeleine est un personnage très attachant qui m’a aussi beaucoup touché, et fait beaucoup rire.. Avec son petit air de mamie rebelle que j’ai beaucoup apprécié.

Le sujet traité peut paraître léger de prime abord mais il n’en est rien. C’est une belle bande dessinées sur la vieillesse, l’isolement des personnes âgées, la fin de vie, la mort mais aussi, plus surprenant, sur le réchauffement climatique et sur la façon dont celui-ci influe ou va influer sur nos modes de vie.

Les dessins peuvent paraître enfantins mais au-delà d’eux c’est toute l’histoire de Madeleine que j’ai aimé.

Bref, j’ai beaucoup aimé !

Littérature·Romans graphiques

Chaque soir à onze heures

Chaque soir à onze heures, roman graphique de Camille Benyamina et Eddy Simon aux Éditions Casterman.

La Petite Histoire :

Willa est une jeune parisienne en couple avec le beau Iago, le frère de sa meilleure amie.

Lors d’une soirée, elle rencontre le mystérieux Edern et elle va découvrir les sombres secrets de sa famille.

L’avis de la Belette :

Adapté du roman éponyme de Malika Ferdjoukh, que je n’ai pas lu, les auteurs ont réussi à mettre en 90 pages, ce roman de 400 pages.

Les dessins proposent des couleurs à la fois douces et sombres. Le travail des deux auteurs est complémentaire et je n’ai pas eu l’impression qu’ils étaient 2.

Un roman graphique dont j’ai autant aimé les dessins que l’intrigue. Cette dernière est à mi-chemin entre le fantastique et le thriller, avec une bonne dose de suspense. Dans ce roman, il est question d’amour, d’amitié et de secrets de famille.

Et même si j’ai parfois trouvé que les éléments s’enchaînaient un peu trop vite, tout comme la fin, j’ai beaucoup aimé !

Littérature·Romans graphiques

Ce n’est pas toi que j’attendais

Ce n’est pas toi que j’attendais, roman graphique de Fabien Toulmé aux Éditions Delcourt.

La Petite Histoire :

Fabien Toulmé vit au Brésil avec sa femme Patricia et leur fille Louise. Patricia est enceinte de leur 2ème enfant et ils décident de revenir vivre en France. Or, tout ne va pas se passer comme prévu car la petite Julia va être diagnostiquée comme étant atteinte de la trisomie 21, un choc pour les 2 parents.

L’avis de la Belette :

Un roman graphique qui ne vous laissera pas insensible. Un témoignage sincère et bouleversant. Un ouvrage à la fois drôle et émouvant, pour lequel j’ai eu la larme à l’œil à un certain moment.

J’ai bien aimé les dessins. Il y a des changements de couleur à chaque chapitre, avec des couleurs douces.

On parle souvent de l’instinct maternel. Or, ici Fabien Toulmé nous montre qu’il avait l’instinct paternel car il sent dès le départ qu’il se passe quelque chose. Fabien nous montre le long parcours médical qui suit le diagnostic de la trisomie de Julia. On comprend la lente et difficile acceptation pour les parents qui doivent faire le deuil de l’enfant parfait, « normal ». Il passe d’ailleurs par toutes les phases du deuil. L’auteur ne nous cache rien, que ce soient les craintes, l’appréhension, le choc, les pleurs, le rejet et enfin l’acceptation et tout cet immense amour qui s’en dégage. Il se livre sans concession, parfois même avec des pensées et des mots terribles et c’est ce qui le rend d’autant plus attachant. Certains mots pourront paraître difficiles, mais ce sont les mots d’un père qui ne comprend pas ce qui lui arrive, qui a dû mal à accepter ce petit être comme étant sa fille.

Un roman qui met aussi en avant le naturel des enfants pour lesquels ce n’est pas la différence qui compte mais la personne en tant que telle. Louise aime sa petite sœur telle qu’elle est, malgré sa différence. Cette différence, elle ne la voit pas. Et malgré le fait que ses parents pensaient la préserver en lui cachant des informations, elle en avait plus compris qu’ils ne le pensaient.

La différence c’est aussi culturellement qu’elle est marquée. En fait, en France, nous avons tendance soit à la montrer du doigt, soit à l’ignorer. Au Brésil, c’est une chance d’avoir des enfants différents, c’est même une fierté. Il y est dit que ce sont ces enfants qui choisissent leurs parents et non inversement.

On en apprend aussi beaucoup sur le Trisomie 21. Je ne savais pas qu’il y en avait de 3 sortes : homogène, mosaïque et partielle.

Petit bonus : à la fin de l’ouvrage, vous aurez des photos de la petite Julia.

Bref, j’ai beaucoup aimé !