Littérature·Témoignages

Paroles D’Internes

Paroles d’internes est un recueil de témoignages publié aux Éditions Anne Carrière.

Ce recueil contient des témoignages d’internes sur la période du Covid. Ces témoignages ont été recueillis entre le 17 mars et le 25 avril 2020.

Comme la plupart d’entre vous le savez, je suis infirmière et lorsque j’ai vu ce livre dans la dernière masse critique Babélio, il a attiré mon attention. J’ai eu le plaisir de pouvoir le recevoir. Je remercie Babélio ainsi que les éditions Anne Carrière pour l’envoi de ce livre ainsi que de leur confiance.

Comme tout professionnel de santé, la période du Covid a été une période particulière aussi bien professionnellement que personnellement. Soumise au droit de réserve, je ne peux pas vous parler de ce qu’il s’est passé sur mon lieu de travail, mais sachez juste que certains de ces témoignages ont fait écho avec mes ressentis et ce que j’ai vécu.

Ce sont des témoignages différents de différents internes, de différentes spécialités, dans différentes régions de France.

Ils nous parlent de cette crise sans précédent que l’on a connu mais pas que. Ils nous parlent aussi de leurs parcours, de leurs aspirations, de leurs (dés)illusions. Ils mettent en avant les difficultés d’encadrement qui sont souvent difficiles pour ces futurs professionnels de santé. Ils expriment aussi leurs sentiments face aux difficiles conditions de travail et ce même s’ils ont choisi ce métier en en ayant conscience.

Ils nous dévoilent leur passion pour ce métier, exercé avec le cœur. Un métier, comme je le dis souvent, dans lequel on exerce pas par hasard…

Au travers de ces témoignages, on se rend compte que l’appréhension du Covid a été différente selon les établissements mais aussi selon les personnes. La mesure de l’ampleur de ce virus n’a été faite que tardivement. Les différences existent aussi dans les mesures mises en place selon les établissements, avec plus ou moins d’efficacité. Certains endroits se sont sentis dépassés par les événements et le nombre de cas auxquels ils ont dû faire face. Et puis il y a aussi eu cette période de confinement et de déconfinement qui interroge, qui a rendu l’atmosphère, l’ambiance au travail, si particulière.

Bref, des témoignages riches et enrichissants vécus de l’intérieur sur cette période si particulière.

Pour information, pour chaque ouvrage acheté 2 Euros seront reversés à l’Institut Pasteur.

Littérature·Témoignages

Le Jour Où J’ai Choisi Ma Famille

Le jour où j’ai choisi ma famille, un témoignage de Stéphanie Callet publié aux Éditions Dunod.

J’ai reçu ce livre en avant-première, la sortie étant initialement prévue début mai. Au vu des circonstances, sa sortie a été repoussée. Il est disponible depuis la semaine dernière à la vente. Merci aux Editions Dunod et particulièrement à Christine pour l’envoi de ce livre.

Stéphanie naît dans une famille entre un père alcoolique et une mère dépressive. Étant négligée par ces derniers, elle est placée à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) quelques semaines seulement après sa naissance. Ses parents auront des droits de visite, qu’ils n’utiliseront que trop peu.

Juste avant son premier anniversaire, elle est placée dans une famille d’accueil, chez Véronique et Xavier. Au fil des années, le sens du mot famille prend chez eux tout son sens. Malgré que ce couple ait déjà 5 enfants, Stéphanie a su trouver sa place au sein de cette famille et se sent en faire partie. Elle va découvrir les valeurs liées à la famille, mais aussi tout ce que ceci englobe en termes d’amours, de tendresse, de communication, de partage et comme souvent aussi dans les familles, de disputes.

La seule ombre au tableau demeure le placement. En effet, chaque année celui-ci doit être renouvelé par un juge. Au cas où celui-ci ne le serait pas, elle devra rejoindre sa famille d’origine. C’est chaque année, une période source d’angoisse pour Stéphanie.

Dans ce témoignage touchant, j’ai beaucoup appris sur l’ASE, une institution que je ne connaissais que trop peu. Stéphanie Callet met le doigts sur différents dysfonctionnements au sein de cette institution.

On se rend compte que la parole de l’enfant est négligée. Les ressentis, les émotions de l’enfant ne sont pas pris en compte. On a l’impression d’enfant-objet, plus que d’enfant-sujet.

Et puis demeure la régularité des suivis. En effet, son dossier a été suivi par différents acteurs. A chaque nouvel éducateur, il doit prendre connaissance du dossier, créé un lien de confiance avec Stéphanie. Comment prendre en charge correctement un enfant dans ces conditions ?

Au prix d’un long combat, Stéphanie a pu enfin choisir sa famille.

Bref, c’est une belle déclaration d’amour faite à sa famille d’accueil mais aussi un cri de révolte contre l’ASE.

Littérature·Témoignages

Le Cri de la Mouette

Le cri de la mouette, un témoignage d’Emmanuelle Laborit publié aux Éditions Pocket.

La Petite Histoire :

Emmanuelle Laborit est née sourde. Dans ce témoignage, elle nous parle de son parcours de vie jusqu’à l’obtention du Molière de la révélation théâtrale.

L’avis de la Belette :

Le monde du silence, je l’ai côtoyé jeune où lors de vacances en centre aéré, il y eut une petite fille sourde. Elle signait et je trouvais ce mode de communication fascinant. J’ai toujours voulu apprendre à signer et cette envie n’a fait que se renforcer après la lecture de ce témoignage.

Emmanuelle, c’est cette « mouette » qui, jeune, crie pour se faire entendre. Car jusqu’à ses 7 ans, Emmanuelle n’a eu que très peu de moyens de communications avec son entourage. À l’époque, les médecins, ORL, … privilégiaient l’oralité. La LSF n’est apparue que plus tard en France. Mais l’oralité n’était pas un moyen de communication adéquate pour Emmanuelle, ça ne lui convenait pas. Elle n’arrivait pas à s’exprimer clairement. Lorsqu’elle a découvert les signes et a pu les pratiquer, ce fût une révélation et une source d’épanouissement pour elle.

À travers ce témoignage, elle nous fait prendre conscience que le monde dans lequel nous vivons est seulement adapté aux « entendants ». Elle nous montre les difficultés qu’elle a rencontré en termes de communication, de scolarité, de relations sociales, amoureuses et familiales. Au niveau familial justement, elle a eu la chance d’être très bien entourée. Des parents aimants, compréhensifs. Elle a réussi à élaborer un moyen de communication avec sa mère mais ce fût plus compliqué avec son père, les relations étaient plus difficiles. Elle a également une sœur avec laquelle elle entretient une relation quasi fusionnelle.

Tout ceci l’a conduit à se révolter lors de l’adolescence. Elle s’est souvent sentie isolée lors de soirées avec des entendants mais aussi face aux moyens de communication inconnus des entendants. Mais c’est une jeune femme battante et forte de caractère, qui ne se laisse pas abattre malgré les obstacles et les difficultés rencontrées.

Dans ce témoignage émouvant, elle nous incite à ouvrir nos esprits face à ces autres mondes qui nous entourent.

« Les entendants ont tout à apprendre de ceux qui parlent avec leurs corps. La richesse de leur langue gestuelle est l’un des trésors de l’humanité ».

(Jean Grémion)

Littérature·Témoignages

Infirmière aux portes de la mort

Infirmière aux portes de la mort, un témoignage de Barbara Lucas au Grand Livre du Mois.

La Petite Histoire :

Barbara Lucas nous parle de son parcours d’infirmière de sa vocation jusqu’à sa première affectation.

L’avis de la Belette :

Ce témoignage date des années 1990 mais il est encore d’actualité. En effet, on voit déjà les défaillances du système hospitalier qui officiaient déjà à l’époque ainsi que les difficultés liées à la profession : le manque de personnel, le manque de matériel, les contraintes économiques et la non-reconnaissance du personnel soignant.

Elle sait à travers cet écrit montrer à quel point le lien de confiance dans la relation soignant-soigné est très important. A quel point ce lien de confiance est souvent difficile à établir mais tellement fragile qu’il peut à tout moment céder.

Et ce d’autant plus que Barbara Lucas n’a pas commencé par la spécialité la plus simple en travaillant dans un service qui prenait en charge les patients atteints du sida. Elle explique la prise en charge de ces patients dans les années 90. C’était la période où la trithérapie n’était pas encore apparue (elle est apparue en France au milieu des années 90) et dont la prise en charge était encore en balbutiement.

Au travers de ce témoignage touchant,elle montre aussi que derrière les blouses, il y a des personnes, avec leurs faiblesses, leurs doutes, qui se questionnent et se remettent en question. Elle met le doigt sur la frustration par moments des soignants à avoir parfois l’impression de ne pas pouvoir en faire assez pour les patients. Avec de l’empathie, de la bienveillance, de l’humanitude et des sourires, on arrive à aider nos patients. Mais comme l’a dit Baptiste Beaulieu : « Vous croyez que nous sommes là pour vous. Pour certains, c’est vrai. Pour beaucoup, c’est faux. Nous vous traitons, vous nous guérissez« .

Bref, j’ai beaucoup aimé !

Littérature·Témoignages

L’été où je suis devenue vieille

L’été où je suis devenue vieille, un témoignage d’Isabelle de Courtivron aux Éditions L’Iconoclaste.

La Petite Histoire :

Isabelle de Courtivron a 73 ans lorsqu’elle se rend compte qu’elle est devenue vieille.

L’avis de la Belette :

L’auteure aborde avec humour et lucidité, cette difficile étape dans la vie d’une femme.

Plusieurs étapes jalonnent la vie d’une femme. Il y a tout d’abord la puberté avec le changement du corps et l’apparition des règles. Ensuite vient le moment où vous passez de jeune fille à jeune femme, vous savez les moments où quand vous entrez dans un magasin on vous dit : « Bonjour, Madame », au lieu de « Bonjour, Mademoiselle ». Ensuite vient pour certaines le moment de la maternité. Et enfin le moment du vieillissement, ce moment dont on ne se rend pas vraiment compte. Pour ma part, il arrive lorsque mes nièces me parlent de nouvelles chansons que je ne connais pas, comme une décalage avec le temps. Je trouve que c’est un moment difficile à appréhender et que l’on a tendance à s’en apercevoir pour les autres mais plus difficilement pour soi-même. J’ai des parents vieillissants (de l’âge de l’auteure) et je souris toujours lorsqu’ils sont exaspérés par tous ces vieux qui sont mous autour d’eux.

Isabelle de Courtivron a 73 ans lorsqu’elle se rend compte que son corps vieillit et qu’elle est en décalage avec la société. Pour elle c’est un choc et elle fait l’état des lieux de sa condition féminine. Comment elle a perçu son parcours de femme mais aussi comment elle a perçu celui de sa mère. Militante féministe engagée, elle nous dévoile aussi sa vision du féminisme et de la façon dont elle a évolué au fil des années.

L’auteure évoque aussi tout ce qui a attrait au corps. Le corps qui se modifie certes mais aussi la perte de féminité qui se dégage. Elle parle notamment de ces vêtements que l’on n’ose plus mettre car il dévoile des parties « usées » de notre anatomie. Le rapport aux hommes s’en trouve de ce fait aussi modifié.

Elle se trouve en décalage avec la jeunesse. Elle s’est aussi rendue compte de sa vieillesse quand lors de soirées elle était en permanence entouré de jeunes. Ce n’est pas seulement la jeunesse qui l’effraie mais aussi ce rapport aux nouvelles technologies, aux réseaux sociaux, à ces nouveaux rapports qui s’instaurent, à ce monde qui va trop vite pour elle. Elle évoque du coup l’importance de la transmission. C’est une femme qui n’a pas eu d’enfants mais qui a transmis son savoir étant professeure de littérature aux États-Unis. Et de ce fait, elle évoque aussi la solitude qui arrive avec les années. Elle n’a pas d’enfants, elle est séparée de son mari. Elle a un groupe d’amies et elle se rend compte qu’au fil des années, ce groupe va peu à peu se réduire. Leurs conversations changent, elles sont passées des conversations « chiffons et plan de carrière » aux « bons plans spéciale médecine ». Elle évoque son rapport à la mort, qui se rapproche dangereusement.

L’auteure utilise de nombreuses références littéraires, son rapport aux livres. Elle nous explique en quoi ils ont été aidants pour elle à certains moments de sa vie.

Un témoignage drôle, touchant et inspirant à mettre entre les mains de toutes les femmes.

Bref, j’ai beaucoup aimé !

Je remercie Marion des Editions L’Iconoclaste pour l’envoi de ce livre qui sort le 26 février, ne passez pas à côté !