Littérature·Thrillers, romans noirs

L’Art Du Meurtre

L’art du meurtre est un thriller écrit par Chrystel Duchamp et publié aux Éditions l’Archipel.

La Petite Histoire :

Le corps d’un riche collectionneur est retrouvé mort, mise en scène d’une façon telle qu’elle fait penser à un tableau. C’est ce à quoi pense Audrey, enquêtrice et ancienne étudiante aux Beaux-arts. Son intuition se renforce lorsqu’un deuxième corps est découvert dans des circonstances similaires.

L’avis de la Belette :

J’ai reçu ce roman en tant que livre voyageur. C’est un système mis en place sur Instagram par @the-book-trotteuses. En partenariat avec les maisons d’édition et les auteurs, elles nous proposent des livres que l’on souhaite lire sous forme de concours. 10 personnes sont tirées au sort et donc autant de destinations pour le livre. Les conditions pour postuler ? S’engager à lire le roman, l’envoyer à son prochain destinataire, écrire un avis et écrire un p’tit mot pour l’auteur dans le livre. C’est une idée très intéressante, car une fois que toutes les personnes ont lu le livre, il est envoyé à l’auteur. Un sympathique souvenir pour lui et une très bonne expérience de lecteurs. J’ai d’ailleurs déjà été sélectionnée pour d’autres livres voyageurs, vous risquez d’en voir régulièrement par ici… Bref, pour plus d’informations, je vous mets en fin d’article les liens vers leurs comptes.

Nous avons tous un rapport personnel à l’art. Personnellement, je n’y ai jamais été trop sensibilisée. Je croyais ce monde loin de moi et de ce que je suis. Un puis, un jour, j’ai franchi les portes du Musée d’Art Moderne de Saint-Étienne et ce fût comme une révélation. J’y retourne depuis régulièrement. Certes, je n’y connais pas grand-chose mais à chaque fois, ce sont les émotions que me procurent certaines œuvres qui prennent tout leur sens. J’ai eu ma période Renoir, en ce moment je suis plus Klimt, mais j’ai aussi grâce à ce musée pu découvrir des œuvres plus récentes telles que celles de Jean Fabre, des œuvres entièrement créées au stylo BIC.

Je trouve que dans ce thriller l’auteure réussit à rendre l’art accessible. Avec une certaine pédagogie, elle vous expliquera différents mouvements et vous expliquera quelques œuvres. Les explications sont claires et compréhensibles, ce qui donne à l’enquête un côté passionnant mais aussi original.

C’est un roman qui se lit vite et bien. Les chapitres courts rendent un rythme effréné au récit. Un thriller difficile à lâcher une fois commencé.

Ce thriller est aussi un livre sur les femmes. Sur celles qui feraient tout pour leur enfant mais aussi celles qui essaient de se reconstruire après avoir été trahies, qui essaient de refaire confiance à la gent masculine. Les personnages sont bien travaillés et les personnages secondaires sont tout aussi intéressants. Audrey peut sembler un peu caricaturale car on retrouve ici les démons de nombreux policiers dans les thrillers. Elle en reste néanmoins attachante et a une relation particulière, plus du lien mère-enfant avec Patricia.

Chrystel Duchamp est graphiste et stéphanoise. Elle a publié des ouvrages illustrés avec son compagnon mais L’art du meurtre est son premier thriller.

Bref, une intrigue captivante et instructive sur le monde de l’art.

Lien :

https://www.instagram.com/thebooktrotteuses/?hl=fr

Littérature·Thrillers, romans noirs

Jamais Tu Ne Me Quitteras

Jamais tu ne me quitteras est un thriller psychologique écrit par Chevy Stevens, traduit par Philippe Vigneron et publié aux Éditions L’Archipel.

La Petite Histoire :

Lindsey a été victime de violences physiques et psychologiques de la part de son mari, Andrew. Emprisonné, Lindsey a repris une vie presque normale avec sa fille Sophie jusqu’à ce qu’elle découvre qu’Andrew est sorti de prison. Le cauchemar va-t-il recommencer ? D’autant plus que Lindsey a depuis quelques temps l’impression d’être suivie, espionnée.

L’avis de la Belette :

Cet été, j’ai lu Séquestrée de Chevy Stevens et j’ai beaucoup aimé ce roman. Quand j’ai vu qu’elle sortait ce nouveau thriller psychologique, je me suis empressée de le demander en service presse proposé sur Netgalley. Je remercie au passage les Éditions L’Archipel pour leur confiance.

J’ai trouvé ce roman encore meilleur que Séquestrée. Je trouve que l’auteure parvient à chaque fois à installer une ambiance anxiogène. Cette ambiance se poursuit tout au long du roman jusqu’au final auquel je ne m’attendais pas.

L’auteure analyse aussi très bien l’impact des violences conjugales. On ressent pour Lindsey énormément d’empathie et l’on comprend les mécanismes psychologiques qui l’empêchaient de partir quand elle le pouvait. On ressent aussi avec elle cette peur quand elle s’aperçoit qu’on s’introduit chez elle, qu’on la suit. L’auteure réussit nous manipuler de telle sorte que l’on se pose la question : harcèlement bien réel ou paranoïa ?

Par des flashbacks, on voit la vie de Lindsey à l’époque de son union avec Andrew et l’enfer qu’il lui a fait vivre.

Sophie était une jeune enfant quand son père était emprisonné. Elle a grandi sans lui et quand il réapparaît dans sa vie, elle veut qu’il ait changé, que ce ne soit plus le même homme. Ceci est d’autant plus difficile pour elle qu’elle est à présent une ado qui se pose énormément de questions sur ses parents, sur son avenir.

Ce roman traite aussi de la résilience, celle qu’a eu Lindsey après l’enfer subit. C’est une femme forte qui a réussi à élever seule sa fille, à monter une entreprise et qui essaie tant bien que mal à refaire confiance à un homme.

C’est un thriller haletant qui se lit sans temps mort avec des personnages fouillés et attachants. J’ai très envie de lire les autres romans de cette auteure

Ce roman a déjà été publié aux Éditions France loisirs sous le titre Liés à jamais.

Bref, ce roman sort aujourd’hui en librairie … Foncez !

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Dans Son Silence

Dans son silence est un thriller psychologique écrit par Alex Michaelides, traduit de l’anglais par Elsa Maggion et publié aux Éditions Le Livre de Poche.

La Petite Histoire :

Alicia, une peintre anglaise, est accusée du meurtre de son mari. Le problème est qu’elle ne cherche pas à se défendre, elle se mure dans le silence.

Elle est internée dans une clinique psychiatrique où Théo Faber, un des psychiatres, va essayer de la faire parler.

L’avis de la Belette :

J’ai lu de nombreux avis dithyrambiques sur ce roman qui m’intriguait beaucoup mais avec lequel l’alchimie n’a pas fonctionné.

Certes, il se lit vite et bien. Mais c’est à peu près tout ce que je retire de positif de ce roman.

L’auteur s’est documenté, c’est certain mais les informations sont posées là, brutes, et ne sont pas intégrées au récit. Ça donne l’impression parfois d’assister à un cours et ce n’est pas ce que je recherche dans les romans, sinon je lis un essai.

L’intrigue n’a en soi rien d’original et le dénouement n’a rien d’extraordinaire. Dès le départ, on ressent qu’il y a quelque chose qui se trame avec un des personnages. Et au final, mon intuition était fondée.

Et puis j’ai eu la sensation que l’auteur nous amenait loin pour pas grand chose et pour revenir à quelque chose de vraiment banal.

Il n’a pas réussi à me faire m’attacher à l’un des personnages. Ils sont trop exploités superficiellement.

J’ai aussi eu un problème de temporalité avec ce roman qui s’est avéré très fouillis. Je pense que c’était pour nous perturber mais il m’a complètement perdue.

Bref, ce fût une déception !

Livre lu en lecture commune avec 2 copines bookstagrammeuses Laure (@boulimielivresque) et Nadine (@nadinelecture).

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Une vieille affaire

Une vieille affaire est un roman policier écrit par Nicolas-Raphaël Fouque et publié aux Éditions D’Avallon.

La Petite Histoire :

Camille est journaliste et va enquêter sur le meurtre d’une adolescente à Lille. Ce meurtre est lié aux hautes sphères politiques et l’enquête de Camille va être difficile à mener.

L’avis de la Belette :

J’ai eu du mal au départ car on part dans différentes histoires avec de nombreux personnages et j’ai mis du temps à les situer. Et puis certains prénoms se ressemblent, ce qui accentuait le fait de me perdre un peu. Et puis au fur et à mesure de ma lecture je me suis rendue compte que le meurtre d’Élisa n’est au final qu’un prétexte à une intrigue beaucoup plus politique. Il y est question de meurtre certes mais donc également de politique, de complots et de terrorisme. J’ai beaucoup appris sur le fonctionnement de notre institution politique et en particulier sur le fonctionnement de l’Assemblée Nationale. Si vous aviez une piètre opinion de nos chers politiciens, ce roman ne va pas faire évoluer votre ressenti, bien au contraire…

C’est un roman qui se lit bien, la plume de l’auteur est vive et dynamique. Comme il est dit dans la préface, elle est en effet très cinématographique. L’auteur sait très bien brouiller les pistes pour nous conduire à un final inattendu.

Ce titre a déjà été publié aux Éditions Ravet-Anceau sous le titre Les trois lueurs du Nord. Les Éditions D’Avallon est une jeune maison d’édition à la caractéristique bien particulière. C’est une maison d’édition associative qui est uniquement gérée par des bénévoles. Ils ne dégagent aucun bénéfice et donc tout est reversé à l’auteur. Je vous laisse aller regarder sur leur site voir ce qu’ils proposent : https://www.leseditionsdavallon.com/ .

Ce roman m’a été envoyé en service presse par le biais du site Simplement Pro. Merci à l’auteur et aux Éditions D’Avallon pour leur confiance et l’envoi de ce livre.

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Le Cas Zéro

Le cas zéro est un thriller médical écrit par Sarah Barukh et publié aux Éditions Albin Michel.

La Petite Histoire :

Laurent Valensi est chef de clinique à l’hôpital Saint-Louis à Paris au début des années 80.

Il va être confronté à l’un des premiers cas français du « cancer gay ».

L’avis de la Belette :

Quelle claque ! Ce roman captivant dans le milieu médical et mettant en avant le SIDA (appelé le LAV à l’époque) se lit comme un page turner malgré la difficile thématique abordée. C’est un roman intéressant et instructif sur l’émergence d’une épidémie.

Dans ce thriller médical, différents aspects sont abordés avec des termes appropriés. C’est documenté mais très accessible. Il y a certes quelques invraisemblances mais passez outre ce n’est pas ce qui m’a touché dans ce livre. Car oui il m’a touché, bouleversée, au corps et au cœur.

Je suis moi-même soignante et je sais ce que ça implique, mon entourage aussi. Que ce soit en termes d’investissement, de travail, de remise en questions, … C’est parfois quelque chose difficile à comprendre pour l’entourage et Laurent va se rendre compte que c’est aussi le cas pour lui. Est-il prêt à tout pour son patient quitte à sacrifier sa famille ? Certains patients nous touchent, nous marquent indéniablement .. Nous ne sommes que des humains travaillant pour d’autres humains. Il est difficile de rester de marbre face à certaines situations. Oserais-je vous parler de cette dame âgée dont je me suis occupée des années durant et que lors de son décès, j’ai pleuré comme si j’avais perdu un membre de ma famille ? De la distance il faut en avoir certes, mais l’humanitude avant tout. Et c’est en ça que Laurent m’a touché ici tant il fait preuve de bienveillance envers ses patients et collègues.

Au fur et à mesure de ma lecture, je me suis rendue compte que certains comportements n’avaient pas beaucoup évolué depuis 40 ans, notamment en ce qui concerne les relations avec les patients mais aussi entre collègues. Le sentiment de toute-puissance demeure chez certains praticiens, sans compter le lobbying avec les laboratoires pharmaceutiques. Et puis c’est aussi en termes de moyens que l’évolution n’est pas franche non plus car on est toujours dans des problèmes de gestions de personnels, de matériels, de lits, …

Et puis cette thématique de l’épidémie est plus d’actualité et met en exergue la gestion des moyens face à l’émergence d’une épidémie. C’est difficile pour les soignants car ils ont peur pour leurs soignants certes mais aussi pour eux, pour leur entourage, leurs proches, … Comment faire face à tout ça ? Jusqu’où peut-on prendre des risques pour ce métier ? Et puis il y a tout ce qui gravite autour : le stress d’aller travailler, l’incompréhension, la mésinformation. On se sent seuls et démunis d’autant plus quand les médias gravitent autour.

Dans mon parcours de vie j’ai aussi été patiente et Sarah Barukh décrit avec précision les émotions des malades. Que ce soit en terme d’annonce, le sentiment d’injustice, d’incompréhension, d’acceptation, de changements corporels, les réactions de l’entourage,la peur de l’abandon, la peur de la maladie mais aussi la peur de la mort, elle pose des mots juste qui ont résonné en moi…

Au second plan il est question de la culture, de la tradition, de quelle façon elles nous éloignent ou nous rapprochent. Laurent est d’origine tunisienne mariée à une corse. Ayant perdu ses parents, il s’est trouvé un père de cœur, un médecin tunisien qui se retrouve épicier en France

Et puis ici il y est aussi question d’amour, l’amour qui nous fait palpiter, vivre et parfois aussi nous met en danger… Il y a l’amour du couple mais aussi l’amour familial, fraternel… Il y aussi l’amour de la famille qu’on se choisit, des amis qui deviennent une famille…

Je n’ai qu’une chose à vous dire, non 2 en fait : Lisez-le et Partagez-le !