Littérature·Thrillers, romans noirs

Le Douzième Chapitre

Le Douzième Chapitre, roman noir de Jérôme Loubry chez Libra Diffusio.

La Petite Histoire :

Été 1986. Ce sont les vacances pour David et Samuel, des amis d’enfance. Julie, qui a leur âge, va intégrer leur duo, mais un drame va marquer cet été-là.

30 ans plus tard, ils seront trois à recevoir un mystérieux manuscrit relatant ce sombre été. Il met en scène 3 protagonistes : l’aveugle, le sourd et le muet. Ils reçoivent tous le même manuscrit, seul le 12ème chapitre diffère. Que va-t-il révéler sur ce sombre été ?

L’avis de la Belette :

Livre lu dans le cadre de la semaine 5 du challenge The Black November dont la consigne était de lire un titre avec 3 mots. Jérôme Loubry est un auteur dont vous avez probablement entendu parler ces derniers mois avec la sortie de Les Refuges, son dernier roman, qui lui vaut de belles éloges et le Prix Cognac du meilleur roman français. Lorsqu’un titre a des avis aussi élogieux et qu’il m’intéresse, je me laisse un peu de temps avant de me le procurer, histoire que le soufflé retombe un peu. En trouvant Le douzième chapitre, je me suis dit que c’était déjà une entrée en matière dans l’univers de l’auteur.

C’est une histoire qui commence un peu comme une histoire de vacances d’enfants avec les notions d’amitié, d’amour, de liens familiaux, mais aussi de statut social, pour se terminer en drame.

Avec une alternance passé-présent, j’ai ressenti une certaine tension sur ce qu’il s’est passé cet été 86. Ces années-là revêt un côté nostalgique. Ceux qui sont issus du milieu ouvrier de ces années-là s’y retrouveront. Car au-delà de l’intrigue, l’auteur nous livre un aspect social de la condition ouvrière des années 80.

L’évolution psychologique des personnages s’accentue au fil du roman. Les émotions sont bien présentes. L’intrigue est bien menée et même si j’avais deviné quelques éléments de la résolution , je me suis laissée entraînée dans cette lecture addictive. Ce n’est pas une lecture gore, donc si vous êtes adeptes de ce type de récit, passez votre chemin.

Ce roman ne sera pas pour moi une lecture marquante, il m’aura manqué un petit je ne sais quoi. Néanmoins, il m’aura permis de découvrir la plume de l’auteur. J’ai d’autant plus envie de me procurer Les Refuges à présent.

Bref, j’ai beaucoup aimé !

Littérature·Thrillers, romans noirs

Mon ombre assassine

Mon ombre assassine, un thriller d’Estelle Tharreau aux Éditions Taurnada.

La Petite Histoire :

Nadège Solignac est une institutrice bien sous tout rapport. Enfin, c’est l’image qu’elle donne car elle a une part sombre, très sombre. Du fond de sa cellule, elle nous écrit pour nous parler de sa vie, de son parcours de … Tueuse en série.

L’avis de la Belette :

Lu dans le cadre de la semaine 4 du challenge The Black November, ce thriller a été une véritable claque. Cela fait plusieurs fois que je lis des livres de cette maison d’édition qu’est Taurnada et je dois avouer que ce sont à chaque fois d’excellentes lectures.

Ça commence comme un documentaire sur les tueuses en série, chiffres à l’appui, mais c’est pour mieux illustrer le propos. On entre vite dans le vif du sujet, dans la personnalité de Nadège, manipulatrice et perverse. Car il ne faut pas s’y tromper, outre cette personnalité très sombre, elle est dotée d’un haut niveau d’intelligence et elle va mettre celle-ci à profit pour arriver à ses fins. Son plan est tout à fait machiavélique, elle repère un enfant dont les parents n’ont pas selon elle une « bonne morale », s’immisce dans les familles, conduit les parents à se suicider ou elle les « aide » à mourir et change de région.

C’est peut-être un peu difficile à dire mais j’ai adoré être dans la peau de Nadège. C’est effrayant car j’ai même ressenti parfois de l’empathie pour elle. Je me suis immergée dans la tête de Nadège et l’auteure a réussi à m’y faire entrer avec brio. Ses mécanismes de fonctionnement sont précis, crédibles. Et c’est peut-être ça qui m’a fait le plus peur, tant le tout est saisissant de réalisme. Nadège donne tellement le change, que ‘on pourrait lui donner le bon Dieu sans confession.

Son enfance n’a pas été tendre et elle a fortement contribué à son déséquilibre psychologique, entre une mère maltraitante (elle a voulu tuer sa fille quand même!) et un père absent qui faisait semblant de ne pas voir ces maltraitances, sauf quand elles étaient trop visibles. L’alternance des chapitres passé-présent nous permet de comprendre les mécanismes de Nadège.

On se rend compte combien ces profils de psychopathes sont sans émotions. Tout ce qu’elle fait n’a qu’un but : la satisfaire, elle. Même le bonheur de son frère et l’arrivée de sa nièce ne l’atteint pas, ne la touche pas émotionnellement parlant. Ses seuls moments de joie et de bonheur surviennent lorsqu’elle parvient à tuer selon son plan établi.

Un thriller passionnant où vous serez dans la tête d’une psychopathe. Après cette lecture, si vous avez des enfants, je vous garantis que vous ne regarderez plus leurs institutrices de la même façon!

Bref, c’est un coup de coeur !

Littérature·Thrillers, romans noirs

Bill, Dangereuse innocence

Bill, Dangereuse innocence, un thriller de Chris Loseus aux Éditions Eaux Troubles.

La Petite Histoire :

Une petite maison cosy aux États-Unis… Bienvenue au 4671 Delafield Avenue ! Mais ce que l’on va découvrir à l’intérieur n’a rien d’agréable. Car Bill n’est pas là pour faire une visite de courtoisie à ses occupants. Non, il vient là pour se venger…

L’avis de la Belette :

J’ai lu ce thriller dans le cadre de la semaine 4 du challenge The Black November dont la consigne était de lire un auteur que nous n’avions jamais lu.

Je connaissais Chris Loseus de par les réseaux sociaux et ses livres m’avaient toujours intriguée. Présent au Salon de Villefontaine, nous avons échangé sur ses livres mais aussi sur Stephen King et notamment Misery. Une rencontre agréable et à la fin de ma lecture, je me suis demandée comment un auteur fort sympathique peut écrire des choses aussi terribles.

Car en effet ici, l’auteur ne nous épargne rien. Que ce soit ce qu’a subi Bill (la violence, l’humiliation, les viols, le harcèlement, …) mais aussi dans ce qu’il va faire subir aux tortionnaires de son enfance.

Outre ces différents thèmes, l’auteur nous parle aussi de ceux de la notion de pouvoir et de l’argent, de celui qui peut tout acheter. pour ces derniers thèmes, Chris Loseus fait une légère résonance avec l’actualité.

Il nous démontre les conséquences des traumatismes de l’enfance à l’âge adulte, et comment ces traumatismes peuvent engendrer de la violence, voire même de la folie. Comme l’écrit si bien l’auteur : « Dans les cours de récré, il y a toujours eu un Bill« .

Le thriller se construit sur une alternance passé-présent, ce qui peut permettre de comprendre ce qui est arrivé à Bill et ce qui fait qu’il en est arrivé là aujourd’hui. J’ai ressenti de la peine pour lui. Mais je n’ai pas pour autant ressenti de l’empathie, car il va tout de même loin dans sa vengeance.. C’est peut-être ce qui m’a manqué dans ce thriller, car je ne me suis attachée à aucun personnage. De plus, l’auteur trouble notre vision du « Qui est le gentil ? Qui est le méchant ? ».

Le final est assez déstabilisant et finalement suit la tonalité de ce roman très sombre de bout en bout mais aussi violent. Il pourrait ne pas vous convenir, certaines scènes sont hardues.

Vous ne ressortirez pas indemne à la fin de votre lecture quand vous refermerez la porte du 4671 Delafield Avenue.

Ma lecture a été malgré tout très plaisante et addictive. Le voyage de Madison sera probablement ma prochaine lecture de cet auteur.

Et vous, si vous aviez vécu ce qu’a vécu Bill, de quoi seriez-vous capable par vengeance ?

Bref, j’ai beaucoup aimé !

Littérature·Romans

Auschwitz tous jours

Auschwitz tous jours, un roman de Bruno Ribard chez Trakt Éditions.

La Petite Histoire :

Nous suivons deux histoires en parallèle : celle d’un artiste peintre de nos jours et celle de Monika, une juive polonaise en 1939-1945.

L’avis de la Belette :

J’ai reçu ce livre dans le cadre d’une masse critique Babélio et je remercie le site ainsi que la maison d’édition, que je ne connaissais pas, pour cet envoi.

C’est une lecture que j’ai trouvé agréable mais qui ne m’aura pas marqué. Pourtant, j’apprécie très souvent les récits, qu’ils soient fictionnels ou non, de cette période de l’Histoire. Je crois n’en avoir pas compris la finalité, ni où l’auteur voulait en venir. Le lien qui réunit les 2 histoires est un peu tiré par les cheveux et il n’est explicité qu’à la toute fin.

C’est dommage car je trouvais intéressantes les parties sur Monika, sur les rapports aux corps pendant cette période, et ce même si je n’ai rien appris de nouveau. J’aurais aimé que cette partie-là soit plus exploitée. Pour tout vous dire, je pensais vraiment au départ que c’était ce qui réunissait les 2 personnages de ce roman : les corps, ce qu’on en fait, comme on les sublime, comment on les détruit. Ce ne fût pas le cas.

Des illustrations, des dessins, sont présents dans cet ouvrage. Mais comme le reste, je ne les ai pas compris. Ils ne sont pas expliqués, sont en noir et blanc et il est donc souvent difficile de vraiment déjà voir avant de comprendre ce que l’on voit.

Bref, je n’ai pas aimé !