Littérature·Romans

Des Rêves et des Chemins

Des rêves et des chemins, un roman de Joseph Aromatario aux Éditions Librinova.

La Petite Histoire :

La vie du village de Castel Del Monte va être bouleversé par la seconde guerre mondiale. On va suivre le parcours de différents habitants de ce petit village italien.

L’avis de la Belette :

J’ai reçu ce roman dans le cadre du Jury des Lecteurs Librinova.

Ce fût un joli petit voyage dans les Abruzzes auquel j’ai trouvé quelques défauts. Certes les paysage décrits sont jolis mais en guise de saga familiale, je me suis plutôt retrouver avec une romance. J’ai trouvé la fin très vite expédiée et le roman est ponctué de petites longueurs. En outre, il y a beaucoup de termes italiens qui sont certes expliqués mais sur une liseuse, ce n’est pas vraiment pratique.

Néanmoins, on suit différents personnages intéressants entre illusions, désillusions, et traditions. On se rend compte de la solidarité dont bénéficiait les petits villages lors de la seconde guerre mondiale même si souvent les habitants oscillaient entre la peur de l’occupant et celle de ne pas voir leurs enfants revenir du front.

La vision de l’après-guerre est intéressante mais pas assez exploitée selon moi. Il y est question de ces personnes qui ont dû quitter leur pays natal pour pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles et qui vont être tiraillés entre nouvelle adaptation et difficultés d’intégration.

Bref, une lecture agréable sans plus !

Littérature·Thrillers, romans noirs

L’Aigle des Tourbières

L’aigle des tourbières, un polar de Gérard Coquet publié aux Éditions Jigal Polar.

Bouclez vos valises, je vous emmène en voyage. Enfin pas moi mais l’auteur, Gérard Coquet. Vous sillonnerez les terres arides du nord de l’Albanie à celles plus humides de l’Irlande. J’espère que vous serez comme moi émerveillés par la rudesse et la beauté des paysages décrits. J’ai été très vite immergée dans cet excellent polar.

Tout d’abord l’Albanie dans les années 80. Susan, une journaliste, essaye d’interviewer le dictateur en place Enver Hoxha. Mais en voulant cacher ses origines irlandaises, sa tête va être mise à prix. Elle va devoir fuir avec son fils Bobby. Pour cela elle va être aidée par Bassian. Un personnage abject, que j’ai profondément détesté. Elle va alors découvrir la loi du Kanun.

Qu’est-ce donc ? On pourrait traduire ceci comme « une dette de sang ». Le nord de l’Albanie est régi par de nombreux clans et c’est de cette région dont est originaire cette loi ancestrale du Kanun. C’est le fait pour un clan de se venger du meurtre d’un des leurs d’un membre du clan dont est issu l’assassin. Vous me suivez ? Pour faire simple, c’est « il a tué l’un des miens, j’ai tué l’un des siens » et ceci peut se reproduire à l’infini. Pendant la lecture de cette première partie, j’ai réécouté cette chanson de Sinsémilia Non-sens (lien en fin d’article). C’est un peu ce que signifie cette loi. Cette dette de sang ne doit à priori toucher que les hommes à partir de 15ans. Or, dans certaines familles où le Kanun a fait rage, certaines femmes doivent prendre les armes pour venger leurs clans. Il existe plusieurs livres de la loi du Kanun et il ne fait pas toujours la part belle aux femmes. Il régit les lois économiques mais aussi les relations de couple entre autres. Lors du mariage, la famille de la mariée offre au marié une balle et un fusil. Si la femme le trompe ou veut le quitter, il peut la tuer, ce ne sera pas admis comme une dette de sang. C’est dire le peu de considérations faites aux femmes. J’ai trouvé cette partie tellement intéressante que je vais me procurer prochainement Avril Brisé d’Ismaïl Kadaré qui traite aussi du Kanun. C’est une thématique que je ne connaissais pas et qui m’intéresse beaucoup, donc si vous avez des titres à me conseiller, n’hésitez pas!

Revenons à nos moutons, enfin plutôt en Irlande en 2015. Bobby a réussi à revenir au pays avec sa mère Susan mais il est devenu Bobby le fou. Ciara McMurphy va enquêter avec Interpol pour retrouver la trace de Bobby. J’ai beaucoup apprécié le personnage de Ciara, une femme forte, qui n’a pas froid aux yeux avec un sacré franc-parler. Elle m’a beaucoup fait rire. J’ai aussi beaucoup appris des enjeux socio-politiques, des états de faits que je ne soupçonnais même pas, que ce soit entre le Kanun et la mafia italienne, et les relations entre l’IRA et l’Albanie. Ceci n’était pas gagné dès le départ pour moi. Mais Gérard Coquet est un conteur né et il arrive à vous intéresser à des thématiques auxquelles vous n’êtes pas sensibles au départ.

Pour rester dans l’ambiance, vous pouvez boire un verre de Raki pour la partie albanaise et une Guinness pour la partie irlandaise.

Vous aurez compris que j’ai adoré ce polar à la fois passionnant et instructif, que je ne peux que vous conseillez de vous procurer qui met en avant des femmes fortes : Ciara, Susan et d’autres dont je ne peux vous parler. Pour information, en commandant directement sur le site de Jigal Polar, les frais de port sont offerts sans limitation d’achat.

Ce polar est la suite du premier tome où l’on découvre Ciara : Connemara Black. Je vous laisse, je me suis procurée le premier tome et je replonge en Irlande retrouver Ciara avec une Guinness 😉 !

Liens :

Compte Facebook de l’auteur : https://www.facebook.com/G%C3%A9rard-Coquet-Auteur-319283991432233/

Site Jigal Polar : http://polar.jigal.com/

Sinsémilia Non sens : https://www.youtube.com/watch?v=468Uje2dk1o

Littérature·Romans

Polain

Polain, un roman de Larème Debbah, publié aux Éditions Librinova.

La Petite Histoire :

A 10 ans, Polain est confronté au deuil de sa mère. On va le suivre dans son processus du deuil, sa famille et lui.

L’avis de la Belette :

J’ai lu ce roman dans le cadre du Jury des Lecteurs Librinova.

J’ai découvert l’histoire touchante de Polain confronté à l’un des plus difficiles deuils auquel un enfant peut être confronté, celui de sa mère. Polain est un jeune garçon de 10 ans, très attachant et qui est plein de surprises. Il est très mature pour son âge et il se questionne beaucoup sur le monde qui l’entoure. Se retrouvant seul avec son père, Anita, la voisine, va jouer le rôle de grand-mère de substitution. Il va s’avérer que des secrets de famille sont cachés dans la vie de la mère de Polain mais aussi d’Anita.

C’est une histoire qui rassemble, dans laquelle les mains tendues sont nombreuses. Elles ne viennent pas forcément des personnes les plus proches, à savoir la famille mais des personnes que Polain va considérer comme faisant partie de sa famille. C’est une histoire qui vous redonnera un peu foi en l’humanité.

Ce roman a déjà été écrit par l’auteur mais elle l’a remanié. Malgré un roman un trop court et une fin un peu trop attendue, j’ai passé un bon moment de lecture.

Littérature·Thrillers, romans noirs

Les Parapluies Noirs

Les parapluies noirs, un thriller de Chris Loseus publié aux Éditions Phénix Noir.

La Petite Histoire :

Debbie, la fille de Heather est décédée dans de tragiques circonstances. Heather n’a qu’une idée en tête : retrouver l’assassin de sa fille et se venger.

L’avis de la Belette :

Chris Loseus est un auteur que j’apprécie depuis le recueil de nouvelles Phobia et son thriller Bill, dangereuse innocence dont je vous ai parlé ici : https://labelettestephanoise.home.blog/2019/12/03/bill-dangereuse-innocence/ . Je l’ai aussi rencontré plusieurs fois en salon et c’est un auteur très sympathique.

La couverture m’intriguait beaucoup. Au départ, je ne voyais pas le cercueil blanc et les parapluies autour mais un point d’exclamation. Ceci avait attisé dès le départ ma curiosité.

Ici nous suivons Heather qui suite au meurtre de sa fille va vouloir se faire vengeance. Pour cela, elle va mener l’enquête afin de retrouver son assassin. Avec le décès de sa fille, c’est une femme qui a tout perdu, qui se retrouve seule, seule avec son désir de vengeance. Pour surpasser sa phase de deuil, elle veut retrouver l’assassin de sa fille.

Ce thriller très bien écrit décrit tout le processus de vengeance menée par Heather et la façon par laquelle elle va procéder.

La vengeance est un thème récurrent chez l’auteur, thème déjà présent dans Bill, dangereuse innocence. Ici l’auteur aborde en plus la thématique assez particulière de la peine de mort et le fait de se faire justice soi-même.

J’avais reproché à l’auteur que dans Bill, dangereuse innocence j’avais eu du mal à m’attacher à Bill. Ici, j’ai eu beaucoup d’empathie pour Heather et ce même si je suis nullipare. C’est une femme forte et touchante à la fois. Et puis, j’ai aussi eu parfois peur pour elle. J’ai compris ce que ressentait Heather et ce qu’elle faisait sans toutefois le cautionner.

Et vous, jusqu’où iriez-vous si on touchait à vos enfants ?

« On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ».

Littérature·Thrillers, romans noirs

Je mangerai ton cœur

Je mangerai ton cœur, un thriller de Vincent Villa aux Éditions France Loisirs.

La Petite Histoire :

Sophie enquête sur le meurtre de travestis alors que Jérôme enquête sur les meurtres de jeunes femmes étranglées à domicile selon le même mode opératoire. Ces 2 affaires à l’opposé de la France auraient-elles un lien entre elles?

L’avis de la Belette :

C’est thriller est le primo-roman de l’auteur que j’ai rencontré lors du Salon du polar et du fantastique organisé par France loisirs à la boutique de Lyon -Part Dieu. Je l’avais déjà repéré en boutique et j’en ai profité ce jour-là pour me le procurer.

L’intrigue est très bien menée et elle est plus complexe qu’elle ne peut paraître de prime abord. L’écriture est un peu journalistique au début, ce qui m’a déstabilisé mais ensuite la richesse, la précision de celle-ci a effacé cette première impression. J’ai pris beaucoup de plaisir à remettre ce puzzle dans l’ordre.

Sophie est le personnage qui m’a le plus marqué. C’est une femme dynamique, qui n’a pas froid aux yeux et qui n’hésite pas à se mettre dans la gueule du loup.

A la fin, vous aurez une playlist de chansons écrites par l’auteur. Je dois admettre que j’aurais bien aimé pouvoir les entendre. J’ai appris par l’auteur que son prochain roman sera normalement disponible en juillet chez France Loisirs, s’il n’y a pas de report.

Bref, j’ai beaucoup aimé ce thriller parfois poétique, parfois romantique, qui laisse la part belle aux sentiments.

Littérature·Romans

La Citadelle

La citadelle, un roman d’Eric Metzger aux Éditions L’Arpenteur.

La Petite Histoire :

Émile passe des vacances à Calvi avec ses amis et va rencontrer Andréa, rencontre qui va bouleverser sa vie.

L’avis de la Belette :

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai connu Eric Metzger lors des sketchs qu’il effectuait pour l’émission de Yann Barthès. Je le découvre ici écrivain, et je dois bien admettre que ce fût une bien belle découverte.

Il s’agit ici d’une histoire d’amour sur l’île de beauté. Calvi et la citadelle sont ici des personnages à part entière du roman. Les paysages décrits sont très beaux et j’ai vraiment cru être en Corse. Le roman est truffé de références littéraires et notamment du Le rouge et le noir de Stendhal. D’ailleurs, j’ai trouvé Émile un peu à l’image de Julien Sorel, se sentant défavoriser du fait de sa position, de sa condition, sociale. Quant à Andréa, elle joue à merveille le rôle de la femme belle mais qui semble inaccessible.

Ce roman vous apprend à dire aux autres que vous les aimez, vous pouvez sinon passer à côté d’une belle histoire. Vous oscillerez alors entre amertume et l’autre fantasmé, idéalisé. Entre Émile et Andréa, les rencontres sont électriques. Entre la haine et l’amour, il n’y a qu’un pas. J’ai souvent eu envie de secouer Émile en lui assénant d’aller se déclarer à Andréa. Très orgueilleux, il va en devenir maladroit et va parfois être blessant envers Andréa. Ils s’éloignent pour mieux se retrouver ou pas, lisez ce roman pour le savoir.

Bref, je rêve de relire ce roman au pied de la citadelle de Calvi. Merci à l’auteur pour ce très beau voyage.

Littérature·Romans

Un Bonheur Que Je Ne Souhaite à Personne

Un bonheur que je ne souhaite à personne, un roman sur l’autisme de Samuel Le Bihan aux Éditions France Loisirs.

La Petite Histoire :

Laura est une mère célibataire de 2 enfants. Le plus petit, César, est autiste et ce roman raconte le combat de cette mère pour que son fils soit scolarisé dans le parcours scolaire « classique ».

L’avis de la Belette :

Je connaissais Samuel Le Bihan acteur, le voici auteur. Pour ce premier roman, il a choisi une thématique qu’il connaît bien : l’autisme. En effet, il a lui-même une fille autiste de 8 ans.

Dans ce roman sont traités les troubles autistiques mais pas que. Il est aussi question de ces femmes célibataires devant tout assumer : le travail, les problèmes quotidiens, les soucis financiers mais aussi l’éducation des enfants et notamment celle des enfants dits « différents » (même si j’ai du mal avec ce terme). Sous couvert d’humour, ce roman montre le combat de ces femmes fortes, de ces mères courages, qui ne lâchent rien pour parvenir à scolariser leurs enfants dans le parcours scolaire classique. Un véritable parcours du combattant entre les dossiers à monter pour les écoles, ceux pour les AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire). Car pour que les enfants autistes puissent être scolarisés dans une classe « normale », ils doivent avoir obtenu l’accord de la présence d’un AVS. Ces AVS sont souvent des personnes jeunes, sans qualification pour ce type de poste et ils ne sont pas présents toute une année scolaire complète. Les familles doivent parfois se battre contre des murs, contre l’obstination et les incongruités de l’administration.

L’auteur met en avant ces femmes qui vivent avant tout pour leurs enfants, quitte à s’oublier en tant que femme ou à laisser peu de place aux hommes d’entrer dans leurs vies. Il nous parle aussi de la difficulté pour la fratrie d’accepter ce frère ou cette sœur « différente », du fait qu’ils peuvent parois se sentir moins aimé, plus rejeté, avoir l’impression d’avoir moins d’importance aux yeux de leurs parents.

Même si la fin était un peu trop attendue, j’ai passé un bon moment de lecture dans ce roman instructif sur l’autisme à l’écriture sensible, parfois un peu féminine.