Littérature·Thrillers, romans noirs

Le Cas Zéro

Le cas zéro est un thriller médical écrit par Sarah Barukh et publié aux Éditions Albin Michel.

La Petite Histoire :

Laurent Valensi est chef de clinique à l’hôpital Saint-Louis à Paris au début des années 80.

Il va être confronté à l’un des premiers cas français du « cancer gay ».

L’avis de la Belette :

Quelle claque ! Ce roman captivant dans le milieu médical et mettant en avant le SIDA (appelé le LAV à l’époque) se lit comme un page turner malgré la difficile thématique abordée. C’est un roman intéressant et instructif sur l’émergence d’une épidémie.

Dans ce thriller médical, différents aspects sont abordés avec des termes appropriés. C’est documenté mais très accessible. Il y a certes quelques invraisemblances mais passez outre ce n’est pas ce qui m’a touché dans ce livre. Car oui il m’a touché, bouleversée, au corps et au cœur.

Je suis moi-même soignante et je sais ce que ça implique, mon entourage aussi. Que ce soit en termes d’investissement, de travail, de remise en questions, … C’est parfois quelque chose difficile à comprendre pour l’entourage et Laurent va se rendre compte que c’est aussi le cas pour lui. Est-il prêt à tout pour son patient quitte à sacrifier sa famille ? Certains patients nous touchent, nous marquent indéniablement .. Nous ne sommes que des humains travaillant pour d’autres humains. Il est difficile de rester de marbre face à certaines situations. Oserais-je vous parler de cette dame âgée dont je me suis occupée des années durant et que lors de son décès, j’ai pleuré comme si j’avais perdu un membre de ma famille ? De la distance il faut en avoir certes, mais l’humanitude avant tout. Et c’est en ça que Laurent m’a touché ici tant il fait preuve de bienveillance envers ses patients et collègues.

Au fur et à mesure de ma lecture, je me suis rendue compte que certains comportements n’avaient pas beaucoup évolué depuis 40 ans, notamment en ce qui concerne les relations avec les patients mais aussi entre collègues. Le sentiment de toute-puissance demeure chez certains praticiens, sans compter le lobbying avec les laboratoires pharmaceutiques. Et puis c’est aussi en termes de moyens que l’évolution n’est pas franche non plus car on est toujours dans des problèmes de gestions de personnels, de matériels, de lits, …

Et puis cette thématique de l’épidémie est plus d’actualité et met en exergue la gestion des moyens face à l’émergence d’une épidémie. C’est difficile pour les soignants car ils ont peur pour leurs soignants certes mais aussi pour eux, pour leur entourage, leurs proches, … Comment faire face à tout ça ? Jusqu’où peut-on prendre des risques pour ce métier ? Et puis il y a tout ce qui gravite autour : le stress d’aller travailler, l’incompréhension, la mésinformation. On se sent seuls et démunis d’autant plus quand les médias gravitent autour.

Dans mon parcours de vie j’ai aussi été patiente et Sarah Barukh décrit avec précision les émotions des malades. Que ce soit en terme d’annonce, le sentiment d’injustice, d’incompréhension, d’acceptation, de changements corporels, les réactions de l’entourage,la peur de l’abandon, la peur de la maladie mais aussi la peur de la mort, elle pose des mots juste qui ont résonné en moi…

Au second plan il est question de la culture, de la tradition, de quelle façon elles nous éloignent ou nous rapprochent. Laurent est d’origine tunisienne mariée à une corse. Ayant perdu ses parents, il s’est trouvé un père de cœur, un médecin tunisien qui se retrouve épicier en France

Et puis ici il y est aussi question d’amour, l’amour qui nous fait palpiter, vivre et parfois aussi nous met en danger… Il y a l’amour du couple mais aussi l’amour familial, fraternel… Il y aussi l’amour de la famille qu’on se choisit, des amis qui deviennent une famille…

Je n’ai qu’une chose à vous dire, non 2 en fait : Lisez-le et Partagez-le !

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