Littérature·Thrillers, romans noirs

Deux Gouttes d’Eau

Deux gouttes d’eau, un roman policier de Jacques Expert aux Éditions Le Livre de Poche.

La Petite Histoire :

Élodie a été sauvagement assassinée à son domicile. Son petit ami Antoine est vite arrêté car il a été repéré sur des caméras de surveillance.

Or, il s’avère qu’Antoine a un frère jumeau, Franck, avec lequel ils se ressemblent… Comme deux gouttes d’eau !

L’avis de la Belette :

Comme vous le savez, Jacques Expert est une valeur sûre pour moi. Ses connaissances du milieu policier et judiciaire rendent ses romans plus immersifs.

Comme souvent dans ses romans, les flics sont agaçants. Ils sont souvent difficiles à apprécier. Ils ne sont pas définis par leurs travers mais plutôt par leurs traits de caractère assez particuliers. J’ai pu le constater déjà lors de ma lecture d‘Adieu, Sauvez-moi et ici. Nous avons dans Deux gouttes d’eau 2 flics aux caractères bien distincts. Brunet est un bon petit soldat, assez assujetti tandis que Lacoste est un personnage très imbu de sa personne.

Une autre thématique récurrente dans ses œuvres est la famille. On y voit le deuil dans Ce soir, je vais tuer l’assassin de mon fils, la séparation dans Hortense, les relations intra-familiales dans Adieu, les relations de couple dans La femme du monstre et les relations fraternelles et plus précisément gémellaires ici. Les rapports entre les jumeaux sont très bien exploités, entre les rapports de fusion, de domination et parfois de perversion.

L’auteur joue dans ce roman addictif au jeu du chat et de la souris. Il parvient à bien nous embobiner et à tisser des fils tellement complexes qu’on ne sait plus qui est qui. On plonge alors dans un jeu machiavélique, pervers.

Un petit bémol néanmoins pour cette fin. Une scène se produit, que je n’ai pas trouvé crédible, et m’a conduit à cette fin que je sentais venir mais dont je ne voulais pas. J’aurais apprécié une fin plus complexe.

Ce fût néanmoins un très bon moment de lecture. D’ailleurs une adaptation télévisuelle a été tournée. L’avez-vous vu ? Je me demande si je vais la regarder d’autant plus si la fin est la même.

Littérature·Romans

Des Rêves et des Chemins

Des rêves et des chemins, un roman de Joseph Aromatario aux Éditions Librinova.

La Petite Histoire :

La vie du village de Castel Del Monte va être bouleversé par la seconde guerre mondiale. On va suivre le parcours de différents habitants de ce petit village italien.

L’avis de la Belette :

J’ai reçu ce roman dans le cadre du Jury des Lecteurs Librinova.

Ce fût un joli petit voyage dans les Abruzzes auquel j’ai trouvé quelques défauts. Certes les paysage décrits sont jolis mais en guise de saga familiale, je me suis plutôt retrouver avec une romance. J’ai trouvé la fin très vite expédiée et le roman est ponctué de petites longueurs. En outre, il y a beaucoup de termes italiens qui sont certes expliqués mais sur une liseuse, ce n’est pas vraiment pratique.

Néanmoins, on suit différents personnages intéressants entre illusions, désillusions, et traditions. On se rend compte de la solidarité dont bénéficiait les petits villages lors de la seconde guerre mondiale même si souvent les habitants oscillaient entre la peur de l’occupant et celle de ne pas voir leurs enfants revenir du front.

La vision de l’après-guerre est intéressante mais pas assez exploitée selon moi. Il y est question de ces personnes qui ont dû quitter leur pays natal pour pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles et qui vont être tiraillés entre nouvelle adaptation et difficultés d’intégration.

Bref, une lecture agréable sans plus !

Littérature·Thrillers, romans noirs

L’Aigle des Tourbières

L’aigle des tourbières, un polar de Gérard Coquet publié aux Éditions Jigal Polar.

Bouclez vos valises, je vous emmène en voyage. Enfin pas moi mais l’auteur, Gérard Coquet. Vous sillonnerez les terres arides du nord de l’Albanie à celles plus humides de l’Irlande. J’espère que vous serez comme moi émerveillés par la rudesse et la beauté des paysages décrits. J’ai été très vite immergée dans cet excellent polar.

Tout d’abord l’Albanie dans les années 80. Susan, une journaliste, essaye d’interviewer le dictateur en place Enver Hoxha. Mais en voulant cacher ses origines irlandaises, sa tête va être mise à prix. Elle va devoir fuir avec son fils Bobby. Pour cela elle va être aidée par Bassian. Un personnage abject, que j’ai profondément détesté. Elle va alors découvrir la loi du Kanun.

Qu’est-ce donc ? On pourrait traduire ceci comme « une dette de sang ». Le nord de l’Albanie est régi par de nombreux clans et c’est de cette région dont est originaire cette loi ancestrale du Kanun. C’est le fait pour un clan de se venger du meurtre d’un des leurs d’un membre du clan dont est issu l’assassin. Vous me suivez ? Pour faire simple, c’est « il a tué l’un des miens, j’ai tué l’un des siens » et ceci peut se reproduire à l’infini. Pendant la lecture de cette première partie, j’ai réécouté cette chanson de Sinsémilia Non-sens (lien en fin d’article). C’est un peu ce que signifie cette loi. Cette dette de sang ne doit à priori toucher que les hommes à partir de 15ans. Or, dans certaines familles où le Kanun a fait rage, certaines femmes doivent prendre les armes pour venger leurs clans. Il existe plusieurs livres de la loi du Kanun et il ne fait pas toujours la part belle aux femmes. Il régit les lois économiques mais aussi les relations de couple entre autres. Lors du mariage, la famille de la mariée offre au marié une balle et un fusil. Si la femme le trompe ou veut le quitter, il peut la tuer, ce ne sera pas admis comme une dette de sang. C’est dire le peu de considérations faites aux femmes. J’ai trouvé cette partie tellement intéressante que je vais me procurer prochainement Avril Brisé d’Ismaïl Kadaré qui traite aussi du Kanun. C’est une thématique que je ne connaissais pas et qui m’intéresse beaucoup, donc si vous avez des titres à me conseiller, n’hésitez pas!

Revenons à nos moutons, enfin plutôt en Irlande en 2015. Bobby a réussi à revenir au pays avec sa mère Susan mais il est devenu Bobby le fou. Ciara McMurphy va enquêter avec Interpol pour retrouver la trace de Bobby. J’ai beaucoup apprécié le personnage de Ciara, une femme forte, qui n’a pas froid aux yeux avec un sacré franc-parler. Elle m’a beaucoup fait rire. J’ai aussi beaucoup appris des enjeux socio-politiques, des états de faits que je ne soupçonnais même pas, que ce soit entre le Kanun et la mafia italienne, et les relations entre l’IRA et l’Albanie. Ceci n’était pas gagné dès le départ pour moi. Mais Gérard Coquet est un conteur né et il arrive à vous intéresser à des thématiques auxquelles vous n’êtes pas sensibles au départ.

Pour rester dans l’ambiance, vous pouvez boire un verre de Raki pour la partie albanaise et une Guinness pour la partie irlandaise.

Vous aurez compris que j’ai adoré ce polar à la fois passionnant et instructif, que je ne peux que vous conseillez de vous procurer qui met en avant des femmes fortes : Ciara, Susan et d’autres dont je ne peux vous parler. Pour information, en commandant directement sur le site de Jigal Polar, les frais de port sont offerts sans limitation d’achat.

Ce polar est la suite du premier tome où l’on découvre Ciara : Connemara Black. Je vous laisse, je me suis procurée le premier tome et je replonge en Irlande retrouver Ciara avec une Guinness 😉 !

Liens :

Compte Facebook de l’auteur : https://www.facebook.com/G%C3%A9rard-Coquet-Auteur-319283991432233/

Site Jigal Polar : http://polar.jigal.com/

Sinsémilia Non sens : https://www.youtube.com/watch?v=468Uje2dk1o

Littérature·Romans

Polain

Polain, un roman de Larème Debbah, publié aux Éditions Librinova.

La Petite Histoire :

A 10 ans, Polain est confronté au deuil de sa mère. On va le suivre dans son processus du deuil, sa famille et lui.

L’avis de la Belette :

J’ai lu ce roman dans le cadre du Jury des Lecteurs Librinova.

J’ai découvert l’histoire touchante de Polain confronté à l’un des plus difficiles deuils auquel un enfant peut être confronté, celui de sa mère. Polain est un jeune garçon de 10 ans, très attachant et qui est plein de surprises. Il est très mature pour son âge et il se questionne beaucoup sur le monde qui l’entoure. Se retrouvant seul avec son père, Anita, la voisine, va jouer le rôle de grand-mère de substitution. Il va s’avérer que des secrets de famille sont cachés dans la vie de la mère de Polain mais aussi d’Anita.

C’est une histoire qui rassemble, dans laquelle les mains tendues sont nombreuses. Elles ne viennent pas forcément des personnes les plus proches, à savoir la famille mais des personnes que Polain va considérer comme faisant partie de sa famille. C’est une histoire qui vous redonnera un peu foi en l’humanité.

Ce roman a déjà été écrit par l’auteur mais elle l’a remanié. Malgré un roman un trop court et une fin un peu trop attendue, j’ai passé un bon moment de lecture.

Littérature·Thrillers, romans noirs

Les Parapluies Noirs

Les parapluies noirs, un thriller de Chris Loseus publié aux Éditions Phénix Noir.

La Petite Histoire :

Debbie, la fille de Heather est décédée dans de tragiques circonstances. Heather n’a qu’une idée en tête : retrouver l’assassin de sa fille et se venger.

L’avis de la Belette :

Chris Loseus est un auteur que j’apprécie depuis le recueil de nouvelles Phobia et son thriller Bill, dangereuse innocence dont je vous ai parlé ici : https://labelettestephanoise.home.blog/2019/12/03/bill-dangereuse-innocence/ . Je l’ai aussi rencontré plusieurs fois en salon et c’est un auteur très sympathique.

La couverture m’intriguait beaucoup. Au départ, je ne voyais pas le cercueil blanc et les parapluies autour mais un point d’exclamation. Ceci avait attisé dès le départ ma curiosité.

Ici nous suivons Heather qui suite au meurtre de sa fille va vouloir se faire vengeance. Pour cela, elle va mener l’enquête afin de retrouver son assassin. Avec le décès de sa fille, c’est une femme qui a tout perdu, qui se retrouve seule, seule avec son désir de vengeance. Pour surpasser sa phase de deuil, elle veut retrouver l’assassin de sa fille.

Ce thriller très bien écrit décrit tout le processus de vengeance menée par Heather et la façon par laquelle elle va procéder.

La vengeance est un thème récurrent chez l’auteur, thème déjà présent dans Bill, dangereuse innocence. Ici l’auteur aborde en plus la thématique assez particulière de la peine de mort et le fait de se faire justice soi-même.

J’avais reproché à l’auteur que dans Bill, dangereuse innocence j’avais eu du mal à m’attacher à Bill. Ici, j’ai eu beaucoup d’empathie pour Heather et ce même si je suis nullipare. C’est une femme forte et touchante à la fois. Et puis, j’ai aussi eu parfois peur pour elle. J’ai compris ce que ressentait Heather et ce qu’elle faisait sans toutefois le cautionner.

Et vous, jusqu’où iriez-vous si on touchait à vos enfants ?

« On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ».