Je mangerai ton cœur, un thriller de Vincent Villa aux Éditions France Loisirs.
La Petite Histoire :
Sophie enquête sur le meurtre de travestis alors que Jérôme enquête sur les meurtres de jeunes femmes étranglées à domicile selon le même mode opératoire. Ces 2 affaires à l’opposé de la France auraient-elles un lien entre elles?
L’avis de la Belette :
C’est thriller est le primo-roman de l’auteur que j’ai rencontré lors du Salon du polar et du fantastique organisé par France loisirs à la boutique de Lyon -Part Dieu. Je l’avais déjà repéré en boutique et j’en ai profité ce jour-là pour me le procurer.
L’intrigue est très bien menée et elle est plus complexe qu’elle ne peut paraître de prime abord. L’écriture est un peu journalistique au début, ce qui m’a déstabilisé mais ensuite la richesse, la précision de celle-ci a effacé cette première impression. J’ai pris beaucoup de plaisir à remettre ce puzzle dans l’ordre.
Sophie est le personnage qui m’a le plus marqué. C’est une femme dynamique, qui n’a pas froid aux yeux et qui n’hésite pas à se mettre dans la gueule du loup.
A la fin, vous aurez une playlist de chansons écrites par l’auteur. Je dois admettre que j’aurais bien aimé pouvoir les entendre. J’ai appris par l’auteur que son prochain roman sera normalement disponible en juillet chez France Loisirs, s’il n’y a pas de report.
Bref, j’ai beaucoup aimé ce thriller parfois poétique, parfois romantique, qui laisse la part belle aux sentiments.
La citadelle, un roman d’Eric Metzger aux Éditions L’Arpenteur.
La Petite Histoire :
Émile passe des vacances à Calvi avec ses amis et va rencontrer Andréa, rencontre qui va bouleverser sa vie.
L’avis de la Belette :
Comme beaucoup d’entre vous, j’ai connu Eric Metzger lors des sketchs qu’il effectuait pour l’émission de Yann Barthès. Je le découvre ici écrivain, et je dois bien admettre que ce fût une bien belle découverte.
Il s’agit ici d’une histoire d’amour sur l’île de beauté. Calvi et la citadelle sont ici des personnages à part entière du roman. Les paysages décrits sont très beaux et j’ai vraiment cru être en Corse. Le roman est truffé de références littéraires et notamment du Le rouge et le noir de Stendhal. D’ailleurs, j’ai trouvé Émile un peu à l’image de Julien Sorel, se sentant défavoriser du fait de sa position, de sa condition, sociale. Quant à Andréa, elle joue à merveille le rôle de la femme belle mais qui semble inaccessible.
Ce roman vous apprend à dire aux autres que vous les aimez, vous pouvez sinon passer à côté d’une belle histoire. Vous oscillerez alors entre amertume et l’autre fantasmé, idéalisé. Entre Émile et Andréa, les rencontres sont électriques. Entre la haine et l’amour, il n’y a qu’un pas. J’ai souvent eu envie de secouer Émile en lui assénant d’aller se déclarer à Andréa. Très orgueilleux, il va en devenir maladroit et va parfois être blessant envers Andréa. Ils s’éloignent pour mieux se retrouver ou pas, lisez ce roman pour le savoir.
Bref, je rêve de relire ce roman au pied de la citadelle de Calvi. Merci à l’auteur pour ce très beau voyage.
Un bonheur que je ne souhaite à personne, un roman sur l’autisme de Samuel Le Bihan aux Éditions France Loisirs.
La Petite Histoire :
Laura est une mère célibataire de 2 enfants. Le plus petit, César, est autiste et ce roman raconte le combat de cette mère pour que son fils soit scolarisé dans le parcours scolaire « classique ».
L’avis de la Belette :
Je connaissais Samuel Le Bihan acteur, le voici auteur. Pour ce premier roman, il a choisi une thématique qu’il connaît bien : l’autisme. En effet, il a lui-même une fille autiste de 8 ans.
Dans ce roman sont traités les troubles autistiques mais pas que. Il est aussi question de ces femmes célibataires devant tout assumer : le travail, les problèmes quotidiens, les soucis financiers mais aussi l’éducation des enfants et notamment celle des enfants dits « différents » (même si j’ai du mal avec ce terme). Sous couvert d’humour, ce roman montre le combat de ces femmes fortes, de ces mères courages, qui ne lâchent rien pour parvenir à scolariser leurs enfants dans le parcours scolaire classique. Un véritable parcours du combattant entre les dossiers à monter pour les écoles, ceux pour les AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire). Car pour que les enfants autistes puissent être scolarisés dans une classe « normale », ils doivent avoir obtenu l’accord de la présence d’un AVS. Ces AVS sont souvent des personnes jeunes, sans qualification pour ce type de poste et ils ne sont pas présents toute une année scolaire complète. Les familles doivent parfois se battre contre des murs, contre l’obstination et les incongruités de l’administration.
L’auteur met en avant ces femmes qui vivent avant tout pour leurs enfants, quitte à s’oublier en tant que femme ou à laisser peu de place aux hommes d’entrer dans leurs vies. Il nous parle aussi de la difficulté pour la fratrie d’accepter ce frère ou cette sœur « différente », du fait qu’ils peuvent parois se sentir moins aimé, plus rejeté, avoir l’impression d’avoir moins d’importance aux yeux de leurs parents.
Même si la fin était un peu trop attendue, j’ai passé un bon moment de lecture dans ce roman instructif sur l’autisme à l’écriture sensible, parfois un peu féminine.
Les mots d’Owen, un roman de Gilles Voirin paru chez Nombre 7 Éditions.
Ce livre est paru en auto-édition sous le titre La Pierre et le Bocal. J’ai reçu ce livre de la part de l’auteur que je remercie ainsi que la maison d’édition pour cet envoi. Je vous propose aujourd’hui un avis atypique pour un roman qui l’est tout autant.
Amitié : un mot qui peut changer une vie. Un mot qui changera celle d’Owen sous le doux prénom de Juliette. Dès leur rencontre, ils se sont tous les 2 aperçus que ça allait être une rencontre qui allait bouleverser leur vie et ce fût le cas. « Je ne suis riche que des amis » chantait Calogero. Et c’est à travers de Juliette, qui est plus qu’une amie pour Owen. Mais attention pas d’ambiguïté entre eux, ils nous démontrent très bien que l’amitié homme-femme existe et peut perdurer. Ils ont une relation quasi fraternelle, la vie les a peu à peu éloigner mais ce n’est pas pour autant qu’ils ne pensaient pas l’un à l’autre. Dès lors qu’il reçoit un mail d’elle lors d’un voyage à Katmandou, il n’hésite pas à reprendre contact avec elle, comme avant… « L’amitié n’est pas d’être inséparables mais d’être séparés et que rien ne change », et c’est ce qui s’est passé pour eux. A partir de ce mail, on va remonter le temps et découvrir l’histoire d’Owen.
Famille : un mot qui peut changer une vie. Un mot qui peut être synonyme de joie, de bons rapports, mais pas dans la famille d’Owen. « On choisit ses amis, pas sa famille ». Et ce dès la naissance, Owen va en faire une amère expérience. Sa mère désirait une fille, c’est un petit garçon qui va arriver. Elle va le nier au point de ne pas vouloir le nommer, c’est une infirmière qui choisira son prénom à la place de sa mère. Enfant pas vraiment désiré, Owen n’aura pas connu l’amour maternel et il a dû se construire sans. Il n’en est pas malheureux pour autant. Il réussit à grandir, à se construire. Et ce grâce notamment à Juliette.
Owen : un mot qui peut changer une vie. Un mot qui en celte (adguen) signifie beau, élégant. C’est un prénom peu commun mais qui regroupe quelques personnages célèbres : Owen Chamberlain (physicien américain), Owen Benjamin (humoriste américain), Owen Wilson (acteur américain), … Tout au long de sa vie, il cherche et se cherche une place dans ce monde qu’il ne comprend pas toujours. Owen est un homme qui a dû se construire seul. Il n’a jamais vraiment cherché les interactions sociales, même à la période de l’adolescence où les jeunes se cherchent un groupe auquel appartenir. Owen était seul et le vivait très bien. Il n’a eu qu’une amie, Juliette. Il a privilégié la qualité à la quantité. Les rapports avec les personnes de son âge ont toujours été compliqués. Doté d’une intelligence remarquable, il s’adresse néanmoins aux autres parfois sans filtre. Il s’est souvent retrouvé mis à l’écart car trop « différent ». Owen s’est construit grâce aux mots, à leur importance, leur signification, leur sens mais aussi grâce à la littérature. Chaque mot a son importance pour Owen, il les utilise à bon escient, au bon moment. Ils sont choisis avec minutie, décortiqués. On va voir quel impact ils ont sur la vie d’Owen.
J’ai beaucoup aimé cette découverte du monde d’Owen, que ce fût beau, poétique et introspectif ! Je l’ai quitté avec nostalgie, un peu comme lorsque l’on repense à un vieil ami.
Owen nous invite à la contemplation, à profiter du moment présent dans ce texte qui est une ode aux mots mais aussi au droit à la différence.
Puzzle, un thriller de Franck Thilliez aux Éditions Fleuve Noir.
La Petite Histoire :
Illan voit son ex copine Chloé revenir dans sa vie. Ils ont enfin les clés pour entrer dans un jeu : « Paranoïa ». Ils vont se retrouver dans ce jeu qui permettra à Illan de résoudre le mystère de la disparition de ses parents.
L’avis de la Belette :
Oui, encore un Franck Thilliez! Ce que j’aime chez cet auteur, ce sont les one-shot, à part Le Manuscrit Inachevé qui m’avait moyennement plu. Ici, c’est un thriller efficace où il n’y a pas de temps mort : on est soit dans l’action, soit dans la réflexion. Et de la réflexion ce roman va vous en demander car ils regorgent d’énigmes. Celles-ci sont nombreuses et intéressantes. J’ai tenté de les résoudre de mon côté et je dois avouer que je ne suis pas très douée… Un exercice très tortueux pour mon cerveau mais très addictif. le talent de l’auteur c’est de vous faire croire que vous êtes arrivés au bout de l’énigme alors que ce n’est pas le cas… Machiavélique !
L’intrigue est intéressante et part dans un côté psycho-psychiatrique qui nous montre les différentes facettes de chacun des personnages. Même si j’ai deviné quelques éléments de la résolution finale, cela ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture. Dans ce huis-clos angoissant, les personnalités des personnages vont se révéler et on se demande souvent si on est dans la réalité, le rêve ou la folie.
Bref, à vous de résoudre Puzzle ou plutôt un vrai casse-tête chinois !