Littérature·Thrillers, romans noirs

L’Encre et le Sang

L’encre et le sang, une nouvelle de Franck Thilliez et Laurent Scalese publiée aux Éditions Pocket.

La Petite Histoire :

William Sagnier est écrivain. Lors d’un voyage à Hong Kong, il va trouver une machine à écrire qui a un pouvoir particulier : tout ce que vous y tapez se réalise dans la réalité.

L’avis de la Belette :

Ce petit livre est une nouvelle d’une centaine de pages où se côtoient horreur et fantastique. En la lisant, j’ai pensé à Stephen King mais également aux Contes de la Crypte, pour ceux qui ont connu, notamment à la fin.

Bien que cette histoire ait été écrite à 4 mains, l’ensemble est homogène. Je ne connaissais pas Laurent Scalese et je suis intriguée de connaître ses ouvrages. Si vous en avez un à me conseiller, je suis preneuse.

L’histoire est surprenante et l’intrigue prenante. Il n’y a pas de temps mort, ça commence et ça finit tambour battant. Certaines scènes sont un peu ragoûtantes, attention aux âmes sensibles.

Dans cette nouvelle où il est question du monde de l’édition mais aussi de vengeance et du sentiment de toute puissance (pouvoir posséder le droit de vie et de mort sur autrui), j’ai juste regretté qu’elle soit trop courte.

Bref, j’ai beaucoup aimé !

Littérature·Thrillers, romans noirs

Asymptote

Asymptote, un thriller de David Hue aux Éditions Librinova.

La Petite Histoire :

Dans un monde pas si lointain du nôtre que ça, Matthias enquête sur le meurtre d’un juge qui menait une accusation de corruption contre les leaders d’un parti d’extrême droite.

L’avis de la Belette :

J’ai reçu ce livre en service presse de la part de Librinova que je remercie, ainsi que l’auteur, pour cet envoi.

Ce roman peut apparaître comme un « simple » thriller. Or, ce n’est pas le cas. Nous sommes ici en présence d’un thriller social dans lequel l’auteur aborde différents thèmes comme les migrants, la corruption, les dérèglements climatiques, … et il les aborde d’une manière si réaliste que ce monde censé être notre futur s’apparente étrangement à divers événements qui ont lieu en ce moment-même.

Matthias est un personnage très intéressant dans le sens où il a dû mal à se reconnaître lui en tant que personne mais il a également du mal à reconnaître le monde qui l’entoure.

L’intrigue est très bien ficelée et si vous êtes attentifs lors de votre lecture, vous devinerez quelques petits clins d’œil. Pour un premier roman, j’ai trouvé que l’auteur avait un un style percutant, parfois cru, mais les mots employés sont toujours justes. Mon seul regret : qu’il soit un peu trop court.

Bref, si vous voulez lire un livre qui vous fera réfléchir sur le monde qui nous entoure, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Littérature·Romans

Sobibor

Sobibor, un roman de Jean Molla édité aux Éditions Folio.

La Petite Histoire :

Emma est anorexique. Lorsqu’elle décide de comprendre les origines de son mal, un vieux cahier familial va mettre à jour de terribles secrets.

L’avis de la Belette :

Dans ce roman, nous avons 2 périodes distinctes. Nous suivons Emma, jeune fille anorexique, de nos jours. A la suite de la découverte d’un cahier rédigé par sa grand-mère décédée, elle va avec nous plonger au cœur de la Seconde Guerre Mondiale. Ce roman met en avant la difficulté de l’héritage familial, de l’héritage de l’histoire familiale plus précisément. C’est ce que l’on appelle de nos jours de la psychogénéalogie. Souvent, les non-dits familiaux traversent les générations et des troubles apparaissent chez certains membres d’une famille sans que des raisons « conscientes » en soient la cause. Ici les conséquences qu’ont eu sur ces générations futures les secrets de familles ont été terrifiantes et dramatiques pour Emma.

C’est une histoire très difficile et à la fois très accessible. Il convient autant aux adolescents qu’aux adultes. Les mots choisis sont justes et traitent de réalités parfois dures à lire. L’auteur a choisi de faire un parallèle édifiant entre l’anorexie et la seconde guerre mondiale. Emma est touchante, fragile et forte à la fois. Elle va devoir porter sur ses frêles épaules la tragique histoire familiale.

C’est un roman sur le mensonge, les silences, sur le devoir de mémoire, sur les rapports au corps, sur ce que l’on ne nous dit pas mais que l’on pressent quand même.

Bref, c’est une histoire de corps qui m’a touché au cœur !

Littérature·Romans

Un Garçon d’Italie

Un garçon d’Italie, un roman de Philippe Besson publié aux Éditions Pocket.

La Petite Histoire :

Luca est retrouvé mort au bord de l’Arno en Toscane. Suicide? Meurtre? Ou accident?

L’avis de la Belette :

Dans ce roman choral, nous allons découvrir ce qui a causé la mort de Luca. Ils sont 3 à prendre la parole : Luca, Anna, sa compagne, et Léo. Nous allons au fur et à mesure connaître Luca et les liens entre les différents protagonistes. Luca, c’est la voix du mort. Il va revenir sur ses histoires d’amour, ses sentiments ambivalents envers Anna mais aussi envers Léo. Anna quant à elle est en quête d’une vérité dont elle n’aura pas toutes les réponses. Elle pensait que l’amour de Luca à son encontre était exclusif. Or, elle va découvrir l’existence de Léo et va chercher à comprendre qui il est, Luca n’ayant jamais prononcé son nom en sa présence. Anna a le sentiment qu’elle ne connaissait pas vraiment Luca. Elle va dès lors remettre en doute les sentiments de Luca à son égard et va à tout prix rechercher Léo pour comprendre. Léo va peu à peu dévoiler cet amour caché, celui qu’il faut taire, qu’il ne faut pas montrer.

C’est un beau roman sur l’amour, mais aussi sur l’acceptation de soi. Il y est beaucoup question de souffrance : souffrance de la perte de l’être aimé, mais aussi celle d’avoir été trahi, celle de ne pas réussir à assumer ses choix, son homosexualité. Je retrouve ici la plume de Philippe Besson que j’apprécie énormément, avec une écriture toute en sensibilité, touchante, après ma déception suite à le lecture de « Un personnage de roman« .

Bref, j’ai beaucoup aimé cette lecture, une histoire sur ces rencontres de la vie qui bouleversent et qui parfois remettent tout en question.

Littérature·Témoignages

Infirmière aux portes de la mort

Infirmière aux portes de la mort, un témoignage de Barbara Lucas au Grand Livre du Mois.

La Petite Histoire :

Barbara Lucas nous parle de son parcours d’infirmière de sa vocation jusqu’à sa première affectation.

L’avis de la Belette :

Ce témoignage date des années 1990 mais il est encore d’actualité. En effet, on voit déjà les défaillances du système hospitalier qui officiaient déjà à l’époque ainsi que les difficultés liées à la profession : le manque de personnel, le manque de matériel, les contraintes économiques et la non-reconnaissance du personnel soignant.

Elle sait à travers cet écrit montrer à quel point le lien de confiance dans la relation soignant-soigné est très important. A quel point ce lien de confiance est souvent difficile à établir mais tellement fragile qu’il peut à tout moment céder.

Et ce d’autant plus que Barbara Lucas n’a pas commencé par la spécialité la plus simple en travaillant dans un service qui prenait en charge les patients atteints du sida. Elle explique la prise en charge de ces patients dans les années 90. C’était la période où la trithérapie n’était pas encore apparue (elle est apparue en France au milieu des années 90) et dont la prise en charge était encore en balbutiement.

Au travers de ce témoignage touchant,elle montre aussi que derrière les blouses, il y a des personnes, avec leurs faiblesses, leurs doutes, qui se questionnent et se remettent en question. Elle met le doigt sur la frustration par moments des soignants à avoir parfois l’impression de ne pas pouvoir en faire assez pour les patients. Avec de l’empathie, de la bienveillance, de l’humanitude et des sourires, on arrive à aider nos patients. Mais comme l’a dit Baptiste Beaulieu : « Vous croyez que nous sommes là pour vous. Pour certains, c’est vrai. Pour beaucoup, c’est faux. Nous vous traitons, vous nous guérissez« .

Bref, j’ai beaucoup aimé !