Littérature·Thrillers, romans noirs

Sang Chaud

Sang chaud est un polar coréen écrit par Kim Un-Su et publié aux Éditions Matin Calme.

La Petite Histoire :

Huisu est un membre de la mafia coréenne. Il a la quarantaine et il va faire une profonde remise en question sur sa vie.

Mais entre les dettes et la lutte des clans, de successions, cela devra se résoudre par le sang.

L’avis de la Belette :

Ce polar est la première parution de cette jeune maison d’édition. J’ai déjà lu Bonne nuit maman, qui est le premier tome d’une trilogie, et je l’ai beaucoup aimé. Nous voici ici dans un polar introspectif au cœur de la mafia coréenne. Tout y est : des meurtres, des luttes de pouvoir, des trahisons, des moyens de tuer propres à la culture coréenne (soit ici le couteau à sashimi).

L’auteur nous montre une vision intéressante de la mafia coréenne, de ses luttes de successions, de pouvoirs. Ici les valeurs propres de ce pays en sont décuplés, notamment en ce qui concerne le respect, surtout envers les aînés, mais aussi les codes d’honneur. On va suivre Huisu qui a toujours vécu au sein de cette institution. Il connaît donc bien les codes et les valeurs propres à la mafia.

On sent toute la détresse de Huisu tiraillé entre l’homme qu’il est et celui qu’il aurait voulu être. C’est un personnage entouré mais qui se sent profondément seul. Il va alors essayer de créer sa propre famille.

Je me suis prise d’affection pour Huisu qui n’est pourtant pas un enfant de chœur. J’ai été touchée par le fait qu’il veuille se construire une vie « normale », qu’il veuille sortir de ce carcan. Oui, mais à quel prix ?

J’ai un peu été perdue au début par la multitude des personnages et des liens entre eux. Après les 50 premières pages, ce sentiment s’est dissipé. Et puis, pour vous aider, vous trouverez à la fin du livre un glossaire des lieux et des personnages.

Sang chaud est un polar très dépaysant dans lequel j’ai adoré l’ambiance. J’ai trouvé l’écriture assez cinématographique et je verrais bien ce polar adapté à l’écran.

J’ai apprécié les touches d’humour. Le style est plutôt lent et pourtant je tournais les pages frénétiquement. Si vous êtes adeptes d’actions et de nombreux rebondissements, passez votre chemin …

Une lecture aux petits oignons, pardon aux petits sushis, que j’ai dégusté avec délectation.

Littérature·Thrillers, romans noirs

La Ferme du Bout de la Nuit

La ferme du bout de la nuit, un policier de Martine C. Bazin publié aux Éditions Librinova.

La Petite Histoire :

Des frères jumeaux sont retrouvés morts dans des circonstances similaires à quelques années d’intervalle.

Le commissaire Rougeard et son adjoint vont enquêter sur ces décès qui leur semblent suspects.

L’avis de la Belette :

J’ai reçu ce roman dans le cadre d’un service presse proposé par les éditions Librinova. Je les remercie ainsi que l’auteure pour l’envoi de ce roman et de leur confiance.

On suit ici l’enquête menée par le commissaire Rougeard. Ce commissaire est un peu à contre-courant de ce que l’on voit d’habitude. On peut facilement s’identifier à lui. Il est marié, père de 2 enfants et achète une maison. Bref, un personnage loin de ceux que l’on observe habituellement dans les polars : torturés, alcooliques, … et j’en passe.

Cette intrigue est d’autant plus intéressante qu’elle est reliée à la grande Histoire. D’ailleurs, les faits historiques relatés sont inspirés de faits réels, ce qui renforce la crédibilité de l’intrigue.

L’intrigue se déroule à Forcalquier dans les Alpes de Haute Provence, région où habite l’auteure. On sent qu’elle connaît bien les lieux et j’ai beaucoup apprécié me retrouver dans cette atmosphère du sud de la France.

J’émettrai juste un bémol concernant la scènes des révélations, qui a lieu dans une grange. J’ai trouvé les dialogues et les rapports entre les 2 protagonistes trop « simples ». En fait, j’avais l’impression de lire un dialogue entre 2 adolescents alors que ce sont 2 adultes. Ce n’est pas le fond des révélations qui m’a gêné mais plus la forme.

J’ai néanmoins passé un bon moment de lecture. Bref, j’ai bien aimé !

Recettes·Salé

Roulés Roquefort et Noix

Une p’tite idée sympa pour l’apéro avec une association qui fonctionne toujours : le roquefort et les noix.

Ingrédients :

1 pâte feuilletée

150 g de roquefort

1 c à s de crème fraîche

Noix

Préparation :

Faire ramollir le roquefort et l’écraser à la fourchette.

Ajouter la crème fraîche et mélanger.

Concasser les noix. Soit vous les incorporez à la préparation précédente, soit vous les parsemez sur le dessus à la fin.

Étaler la préparation sur la pâte feuilletée de façon homogène. Rouler en forme de boudin.

Filmer et le mettre au couteau pendant environ 4h.

Préchauffer le four à 200°C.

Enlever le film, découper le boudin en tranches et les disposer sur une plaque recouverte de papier sulfurisé.

Enfourner pendant une quinzaine de minutes.

Vous pouvez les manger aussi bien chauds que froids.

Bon appétit !

Littérature·Thrillers, romans noirs

Sa Vie Dans Les Yeux D’Une Poupée

Sa vie dans les yeux d’une poupée, un thriller d’Ingrid Desjours publié aux Éditions Plon.

La Petite Histoire :

2 écorchés de la vie. Barbara est une jeune femme réservée qui vit encore chez sa mère. Cette dernière n’est pas tendre avec sa fille. Le seul réconfort de Barbara, ses poupées de porcelaine.

Marc est un flic qui tente de se remettre d’un accident de voiture dans lequel sa femme est décédée. Il en est marqué autant psychologiquement que physiquement, son corps en porte les stigmates.

L’avis de la Belette :

Ce fût mon premier thriller d’Ingrid Desjours et ce ne sera pas le dernier. Ce livre se lit rapidement et c’est très addictif, un véritable page-turner.

J’ai beaucoup apprécié la psychologie de ces 2 personnages en souffrance. L’auteure s’est beaucoup documentée et la pathologie psychiatrique est bien analysée et bien développée.

Le personnage de Marc est particulièrement antipathique, surtout au début. Je l’ai cordialement haï dans son côté cynique et misogyne. J’ai ressenti beaucoup d’empathie pour Barbara, un personnage qui semble tellement fragile de prime abord…

C’est un thriller très noir au final, l’intrigue est bien menée et efficace. Même si l’on peut deviner des éléments de l’intrigue, il n’en demeure pas moins que l’auteure réussit à nous emporter pleinement dans ce récit.

Je trouve que la thématique du regard est très présente dans ce thriller. Le regard que l’on porte sur soi, sur son propre corps, sur qui l’on est mais aussi le regard que les autres ont sur nous, qui parfois nous embellit et qui nous fait voir différemment dans les yeux de l’autre. Et puis il y a aussi la cécité de la mère de Barbara, qui montre ce qu’elle aurait pu (ou dû) voir ou de ce qu’elle ne veut pas voir…

Attention aux âmes sensibles, une scène a été particulièrement difficile à lire.

Quel autre titre de l’auteure pouvez-vous me conseiller ?

Littérature·Témoignages

Le Jour Où J’ai Choisi Ma Famille

Le jour où j’ai choisi ma famille, un témoignage de Stéphanie Callet publié aux Éditions Dunod.

J’ai reçu ce livre en avant-première, la sortie étant initialement prévue début mai. Au vu des circonstances, sa sortie a été repoussée. Il est disponible depuis la semaine dernière à la vente. Merci aux Editions Dunod et particulièrement à Christine pour l’envoi de ce livre.

Stéphanie naît dans une famille entre un père alcoolique et une mère dépressive. Étant négligée par ces derniers, elle est placée à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) quelques semaines seulement après sa naissance. Ses parents auront des droits de visite, qu’ils n’utiliseront que trop peu.

Juste avant son premier anniversaire, elle est placée dans une famille d’accueil, chez Véronique et Xavier. Au fil des années, le sens du mot famille prend chez eux tout son sens. Malgré que ce couple ait déjà 5 enfants, Stéphanie a su trouver sa place au sein de cette famille et se sent en faire partie. Elle va découvrir les valeurs liées à la famille, mais aussi tout ce que ceci englobe en termes d’amours, de tendresse, de communication, de partage et comme souvent aussi dans les familles, de disputes.

La seule ombre au tableau demeure le placement. En effet, chaque année celui-ci doit être renouvelé par un juge. Au cas où celui-ci ne le serait pas, elle devra rejoindre sa famille d’origine. C’est chaque année, une période source d’angoisse pour Stéphanie.

Dans ce témoignage touchant, j’ai beaucoup appris sur l’ASE, une institution que je ne connaissais que trop peu. Stéphanie Callet met le doigts sur différents dysfonctionnements au sein de cette institution.

On se rend compte que la parole de l’enfant est négligée. Les ressentis, les émotions de l’enfant ne sont pas pris en compte. On a l’impression d’enfant-objet, plus que d’enfant-sujet.

Et puis demeure la régularité des suivis. En effet, son dossier a été suivi par différents acteurs. A chaque nouvel éducateur, il doit prendre connaissance du dossier, créé un lien de confiance avec Stéphanie. Comment prendre en charge correctement un enfant dans ces conditions ?

Au prix d’un long combat, Stéphanie a pu enfin choisir sa famille.

Bref, c’est une belle déclaration d’amour faite à sa famille d’accueil mais aussi un cri de révolte contre l’ASE.